Japon: l’inflation accélère nettement en septembre

AWP

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Les prix à la consommation hors produits frais ont augmenté de 2,1% sur un an en septembre contre 1,7% en août, selon des données officielles publiées vendredi.

L’inflation au Japon a fortement accéléré en septembre, poussée par le renchérissement des prix alimentaires sur fond de flambée des cours énergétiques. Le renchérissement s’est inscrit au-delà du niveau cible de la banque centrale nippone, ouvrant la voie à de nouveaux durcissements de la politique monétaire.

Les prix à la consommation hors produits frais ont augmenté de 2,1% sur un an en septembre contre 1,7% en août, selon des données officielles publiées vendredi, un chiffre conforme aux anticipations des experts sondés par l’agence Bloomberg. Cette nette poussée inflationniste s’explique notamment par une hausse des prix des produits alimentaires (+2,9%, hors produits frais) qui alourdit le panier des ménages nippons.

L’affaiblissement persistant du yen face au dollar renchérit en effet les produits importés, dont le coût de transport a par ailleurs explosé à l’unisson des cours du pétrole. Les prix de l’énergie au Japon s’affichent en revanche en repli (-0,6%) en dépit des cours très élevés du pétrole, en raison des subventions accordées par le gouvernement pour alléger la facture d’essence et d’électricité des ménages et entreprises.

Le gouvernement de la Première ministre Sanae Takaichi tente d’atténuer les effets de l’inflation sur le pouvoir d’achat, avec notamment un plan de relance massif adopté fin 2025, de vastes rabais fiscaux sur l’énergie, et de nouvelles aides adoptées au printemps pour soutenir la consommation. Et Tokyo a entériné mi-septembre un abaissement drastique de la taxe sur la consommation des produits alimentaires, de 8% à 1% à partir d’avril 2027, ce qui devrait soulager les prix à partir de sa mise en place.

Selon les médias, ce rabais représentera néanmoins une perte de recettes fiscales de 10’000 milliards de yens (57 milliards d’euros) sur deux ans. Au risque d’exacerber l’inquiétude des marchés sur les finances publiques nippones, alors que la dette publique de l’archipel dépasse 200% du PIB, l’un des ratios les plus élevés au monde.

Durcissement monétaire

En excluant à la fois l’alimentation et l’énergie, l’inflation s’est établie à 2,4% en septembre, au-delà des anticipations du marché, après 1,9% en août. Ces chiffres de l’inflation s’élèvent désormais au-delà du niveau cible de 2% que se fixe la Banque du Japon (BoJ).

L’institution avait déjà relevé à la mi-septembre ses taux, à l’instar des autres grandes banques centrales du globe, afin de contrer les vives tensions inflationnistes provoquées par la flambée des cours énergétiques suite au conflit au Moyen-Orient.

Les derniers chiffres sur les prix à la consommation devraient la convaincre de poursuivre ce durcissement: les analystes attendent dans l’ensemble un nouveau relèvement des taux lors de sa réunion de décembre. Alors que l’archipel, longtemps guetté par la déflation, a été confronté depuis le printemps 2022 à une hausse soutenue des prix à la consommation, la BOJ avait entamé depuis mars 2024 un resserrement de ses taux après 10 ans de politique monétaire ultra-accommodante.

Dès sa réunion d’octobre, l’institution pourrait relever ses prévisions d’inflation.»L’inflation sous-jacente étant repassée au-dessus de l’objectif de 2%, les arguments en faveur d’un nouveau durcissement monétaire restent solides», commente Abhijit Surya, expert chez Capital Economics. Plus encore, en septembre, «sans une chute de 21% sur un an du prix du riz, l’inflation hors produits alimentaires frais et énergie aurait été supérieure d’environ 0,2 point de pourcentage», calcule-t-il.

L’envolée des cours du pétrole brut, sans accalmie en vue dans les affrontements au Moyen-Orient, continue par ailleurs de s’étendre par ricochet à l’ensemble des prix des produits alimentaires et des biens de consommation. La nette accélération de l’inflation au Japon «pourrait indiquer que les effets indirects du choc énergétique continuent de se propager», parallèlement à une «hausse généralisée» des prix dans les services, tandis que l’inflation des loyers «atteint son taux le plus élevé depuis près de 25 ans», ajoute Abhijit Surya.

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