La dette française sous pression, la BCE pourrait-elle intervenir?

Stephen Coltman, 21shares

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Alors que les taux français à 10 ans approchent les 5%, les marchés montrent des signes de fuite vers les Bunds allemands.

Principaux éléments à surveiller cette semaine

  • Politique électorale mondiale: les résultats inattendus au Brésil, les implications des élections de mi-mandat aux Etats-Unis et les élections anticipées en Espagne placent le risque politique au premier plan pour les marchés mondiaux.
  • Contagion sur les marchés de la dette en zone euro: la forte hausse des rendements obligataires se transforme en risque de contagion sur les dettes souveraines, entraînant des sorties de capitaux notables des OAT françaises au profit des Bunds allemands.
  • Les risques budgétaires de la France: des coûts d’emprunt à 10 ans proches de 5%, un déficit budgétaire supérieur à 5% et le blocage parlementaire exposent la France à un important choc de refinancement de sa dette.
  • Pressions sur l’euro et intervention de la BCE: les investisseurs évaluent la possibilité d’une intervention de la BCE via l’instrument de protection de la transmission (TPI), afin d’acheter des obligations françaises et de réduire les écarts de rendement avant les prochaines élections.

Politique électorale et contagion sur les dettes souveraines européennes

Les investisseurs peuvent de moins en moins ignorer les enjeux électoraux. Les marchés réagissent au résultat inattendu des élections brésiliennes et évaluent les conséquences d’une possible victoire démocrate sur tous les fronts lors des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. En Europe, les événements s’accélèrent également, avec la convocation d’élections anticipées en Espagne et une hausse des rendements obligataires qui se transforme en risque de contagion sur les dettes souveraines de la zone euro.

Les mouvements de marché ont parfois été préoccupants la semaine dernière, faisant apparaître des signes manifestes de fuite des capitaux hors de France au profit de signatures jugées de meilleure qualité, comme l’Allemagne: les OAT françaises ont reculé tandis que les Bunds allemands progressaient simultanément.

Blocage budgétaire en France

La situation française est préoccupante. Il est difficile d’imaginer qu’il y a cinq ans encore, les taux d’emprunt de la France à 10 ans étaient pratiquement nuls, alors qu’ils approchent aujourd’hui rapidement les 5%. Avec une dette publique représentant largement plus de 100% du PIB, le choc sur les finances publiques sera considérable à mesure que l’encours de dette existant arrivera à échéance et devra être refinancé.

La France affiche déjà un déficit budgétaire supérieur à 5% et se trouve dans une situation de blocage politique, aucune mesure visant à réduire le déficit ne semblant en mesure d’obtenir l’approbation du Parlement français.

Pressions baissières sur l’euro et possible intervention de la BCE

L’euro recule alors que les investisseurs évaluent la probabilité que la BCE, dirigée par l’ancienne ministre française de l’Economie et des Finances Christine Lagarde, mette en œuvre l’instrument de protection de la transmission (TPI) afin de réduire l’écart de rendement avec les Bunds, en achetant des obligations françaises et en injectant des liquidités supplémentaires sur les marchés. Les marchés ne peuvent pas attendre les résultats de l’élection présidentielle française de l’année prochaine.

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