Après un record, une croissance trimestrielle négative

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

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Les données à haute fréquence du troisième trimestre et celles des exportations jusqu’en août laissent penser que la dynamique de croissance est déjà revenue à sa tendance à long terme.

Conjoncture

La forte croissance du PIB au deuxième trimestre de 1,5% par rapport au trimestre précédent est aux 2/3 due au cycle des stocks et aux fortes exportations de l’industrie chimique et pharmaceutique. Hormis les fortes fluctuations liées à la pandémie, il faut remonter au quatrième trimestre 1999 pour retrouver une croissance aussi forte dans l’histoire de l’économie suisse. A l’époque aussi, des facteurs exceptionnels comme les dépenses informatiques pour les préparatifs du passage à l’an 2000 avaient stimulé temporairement la croissance. Les données à haute fréquence du troisième trimestre et celles des exportations jusqu’en août laissent penser que la dynamique de croissance est déjà revenue à sa tendance à long terme. Ces données indiquent un taux de croissance négatif pour le troisième trimestre. Le gain du trimestre précédent n’étant pas entièrement affecté par ce mouvement inverse, les corrections des prévisions de croissance pour 2026 restent tout de même considérables.

Une autre particularité de l’actuelle reprise cyclique est l’absence de reprise sur le marché de l’emploi. Le taux de chômage corrigé des variations saisonnières stagne à 3,1% depuis quatre mois. Sur les douze derniers mois, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté plus que celui des postes vacants.

Petit poids, grand impact

En Suisse également, les prix des carburants ont atteint un niveau record. Le prix du diesel à la pompe a augmenté de plus de 30% depuis le début de l’année. Cette évolution est prise en compte dans l’indice suisse des prix à la consommation (IPC). La hausse du renchérissement annuel reste largement portée par les prix de l’énergie. La catégorie «Energie et carburants» pèse seulement 5,1% dans le panier de l’IPC. Elle a pourtant contribué à hauteur de 0,46 point de pourcentage au renchérissement annuel de 0,8%.

Actions

IA: bénéfices et attentes plus forts que les critiques

Suisse

  • Le marché suisse sous-performe en septembre, se classant tout en bas de notre classement.
  • La faiblesse est généralisée: seules 5 actions sur 20 du SMI ont progressé en septembre.

Zone euro

  • Les titres de l’UEM, moins exposés à l’IT, ont cédé 1,4% en septembre. Du fait de cette sous-performance, le marché européen est aussi derrière le marché US en 2026.
  • Le marché européen est proche de la juste valeur. Les titres à dividende élevé sont intéressants, car leur rendement du dividende dépasse 4% et leurs valorisations sont inférieures au marché.

Etats-Unis

  • Malgré des vents contraires, le marché US a gagné 0,3% en septembre. La Fed a relevé ses taux, alors que le segment de l’IA a livré des mauvaises nouvelles (introductions en bourse tardives, problèmes de sécurité, propositions de ralentissement du développement).
  • Le ratio P/E actuel et prévisionnel du marché US sont inférieurs à ceux de début d’année.

Marchés émergents

  • Les ME ont continué de se redresser après la baisse de juillet.
  • Taïwan et la Corée ont apporté une contribution positive en Asie, tandis que le Brésil et la Colombie ont été forts en Amérique latine. La Chine et l’Inde sont une fois de plus à la traîne.
  • La valorisation des ME reste intéressante. Le ratio P/E actuel est d’environ 15 et le ratio prévisionnel, en-deçà de 10. Toutefois, l’indice est désormais fortement concentré en Asie et dans quelques titres liés à l’IA.

Royaume-Uni

  • La performance du marché britannique a imité celle de l’UEM en septembre.

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