Les marchés européens plombés par les taux

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Paris recule pour la sixième séance de suite (-0,82%), encaissant des mouvements de vente, comme Francfort (-0,80%) et Milan (-1,06%). Londres (+0,07%) termine en équilibre grâce à la hausse du pétrole.

Les marchés mondiaux subissaient mardi une poussée de fièvre des taux d’intérêt alimentée par la hausse du pétrole et les besoins en capitaux pour financer la dette des Etats et les investissements dans l’IA. Aux Etats-Unis, les taux d’emprunt à 30 ans sont montés jusqu’à 5,34%, un record depuis 2007, avant de revenir à 5,30%. L’Allemagne a emprunté mardi quatre milliards d’euros sur 30 ans à un taux de 3,78%, un record depuis 2011.

Le «Bund» allemand à 10 ans affichait un rendement de près de 3,26%, contre 3,22% la veille. En France, le rendement des obligations à 10 ans atteignait 4,11%, du jamais vu depuis 2008, l’année de la crise financière globale.

Cette poussée de fièvre va reposer en France la question du coût de la charge de la dette souveraine (117% du PIB) à l’heure des arbitrages budgétaires pour 2027 et de la campagne présidentielle qui commence. Deux facteurs expliquent cette demande de capital qui pousse les taux vers les sommets, selon Neil Wilson de Saxo Markets: les Etats, qui «ne peuvent pas s’arrêter de dépenser» et les dépenses d’investissement des géants de la tech dans l’intelligence artificielle.

«Ce n’est pas bon pour l’immobilier, l’équilibre budgétaire des Etats et le marché des actions», selon François Rimeu, stratégiste senior chez Crédit Mutuel Asset Management, joint par l’AFP. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, les obligations à revenu fixe deviennent généralement plus attractives, ce qui peut conduire une partie des investisseurs à réallouer leurs capitaux du marché actions vers le marché obligataire.

C’est ce qui s’est observé en tous cas mardi sur les marchés boursiers, qui battaient encore des records en Europe et aux Etats-Unis il y a une semaine. Mardi vers 18h15, les trois grands indices de Wall Street étaient dans le rouge, notamment le Nasdaq 100 (-1,50%). Ce dernier encaissait un mouvement de vente touchant les fournisseurs de technologies (CoreWeave, cloud, -8,66% ou Micron, puces, -6,66%) et certaines plateformes (Meta -2,49%, au premier jour de son procès aux Etats-Unis pour non-protection des mineurs sur Facebook et Instagram).

Le S&P 500 (-0,50%) reculait également tandis que le Dow Jones, moins exposé aux valeurs technologiques, restait proche de son point d’équilibre (-0,09%). Plombées par la fièvre sur les taux d’emprunt des Etats et des entreprises qui se répand partout dans le monde, les Bourses européennes ont terminé en baisse, sauf la Bourse suisse et celle de Londres, cette dernière grâce au pétrole.

Paris a reculé pour la sixième séance de suite (-0,82%). Hors CAC 40, Soitec (semi-conducteurs) encaissait un sévère recul (-14,83%) confirmant la correction sur les valeurs liées à l’IA. Francfort (-0,80%) et Milan (-1,06%) reculaient également. Londres (+0,07%) a terminé en équilibre grâce à la hausse du brut (BP +2,96% et Shell +1,82%), qui inquiète également les marchés, alors que l’indice phare SMI de la Bourse suisse a grappillé 0,13%.

Crainte d’un pétrole cher à long-terme

Vers 18h15, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale de l’or noir, restait au-dessus des 90 dollars le baril (91,39 dollars, +0,57%) et le WTI américain augmentait (+0,85%) à 85,22 dollars le baril.

Après des dizaines d’espoirs déçus, les investisseurs ne croient plus en un accord au Moyen-Orient permettant la réouverture du détroit d’Ormuz. Donald Trump a déclaré lundi qu’il ne prolongerait pas la trêve de 60 jours entre Washington et Téhéran, prévue dans un protocole d’accord de juin, trêve que l’Iran a qualifiée de «hors de propos».

Le président américain a par ailleurs menacé de bombarder Oman si le pays se mettait «en travers» de la route de Washington, en réponse à une question sur les échanges en cours entre Oman et l’Iran sur le détroit d’Ormuz.

Au milieu de toutes ces turbulences, le dollar se maintenait à 1,1582 dollar pour un euro (-0,02%).

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