Les Bourses mondiales étaient orientées à la baisse lundi en Europe et à Wall Street, sur fond de nouvelles menaces de Donald Trump au Moyen Orient et d’envolées des taux d’intérêt.
«Les marchés évoluent toujours dans un environnement largement dominé par le même équilibre entre désinflation, risques énergétiques et incertitudes sur les trajectoires de politique monétaire», résument les analystes de Natixis.
Les grands marchés européens ont terminé la séance en baisse. Paris a perdu 0,66% malgré le rebond de STMicroelectronics (+5,15%), signe d’un regain de confiance dans la chaîne de l’intelligence artificielle. Inversement, le luxe a reculé (Kering -4,26%, LVMH -2,71%) tout comme Stellantis (-4,02%).
Francfort s’est aussi repliée (-0,38%) avec Zalando (ventes en ligne -3,94%).
Londres a également perdu des plumes (-0,28%), entraînée par le recul du champion des alcools Diageo (-3,26%).
Zurich a perdu 0,61%, le poids lourd Nestlé plongeant de 2,8%.
Seule Milan est parvenue à garder un équilibre (+0,01%).
A New York vers 18H00, deux des trois grands indices étaient en recul alors que le président américain Donald Trump vient de menacer de bombarder Oman si le sultanat empêche de parvenir à un accord autour du détroit d’Ormuz: le S&P 500 cédait 0,16% et le Dow Jones 0,31%.
Le Nasdaq, à dominante technologique, était en équilibre fragile (+0,05%), signe que la géopolitique effaçait le rebond de la tech.
Les doutes sur la dynamique de l’économie américaine ont aussi rattrapé les marchés la semaine dernière, après un recul surprise (-0,6%) des ventes au détail aux Etats-Unis au mois de juillet.
Ces données ont effacé les bons chiffres sur l’inflation américaine (3,4% sur un an) qui avaient quelque peu rassuré les investisseurs sur la future politique monétaire de la Réserve fédérale.
«Il devient de plus en plus probable que la Fed ne procèdera plus à aucune hausse de taux avant les importantes élections de mi-mandat de novembre», estime Jochen Stanzl, analyste pour Consorsbank.
Publiées cette semaine, «les minutes de la réunion de juillet du comité de la Réserve fédérale seront scrutées pour obtenir des indications sur l’état d’esprit des responsables (de la Fed)», souligne Neil Wilson de Saxo.
Les taux perchés à des sommets
Les taux obligataires - qui anticipent l’inflation - restent au plus haut.
En Europe, le taux français des emprunts de l’Etat à dix ans augmentaient encore à 4,065% (le plus haut depuis 2009) contre 4,045% la veille.
Le rendement du «Bund» allemand à dix ans augmentait également à 3,22% (au plus haut depuis 2011) contre 3,20%.
Les Bons du Trésor américains à dix ans affichaient un rendement à 4,70%, au plus haut depuis 2023.
«Le message, plus dérangeant, est donc que l’inflation effective et l’inflation anticipée ne racontent plus exactement la même histoire», selon Florian Ielpo de la Banque Lombard Odier.
Les investisseurs s’inquiètent de l’inflation provoquée par la hausse des prix du pétrole depuis le début de la guerre en Iran, fin février, et alors que les perspectives d’une paix durable semblent toujours plus incertaines entre Washington et Téhéran.
«Le marché pense avec une probabilité très élevée (90%) que la Banque centrale européenne (BCE) fera une hausse de taux de 25 point de base lors de la prochaine réunion de septembre», selon les analystes de Natixis.
Malgré ces tensions, le pétrole évoluait peu lundi, tout en restant à des niveaux élevés.
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, gagnait 0,69% à 89,13 dollars. Son équivalent nord-américain, le WTI, prenait 0,56%, à 82,86 dollars.
La Chine tourne au ralenti
Les Bourses asiatiques ont été tirées par les valeurs technologiques. Hong Kong a pris lundi 1,34%, soutenue par Alibaba (+1,92%), Tencent (+1,45%) et JD.com (+2,54%). Tokyo a gagné 0,74%, portée notamment par Advantest (+2,47%).
En revanche, les analystes s’inquiètent du ralentissement des ventes au détail et de la production industrielle en Chine en juillet, selon des données officielles publiées lundi, en deçà des prévisions.
«La Chine reste une source de désinflation pour le reste du monde», selon Bastien Drut responsable stratégie et analyse chez CPR Asset Management.