Agriculture: l’Union suisse des paysans s’inquiète de la sécheresse extrême

AWP/ATS

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La faitière réclame des hausses de prix à la production et des aides pour éviter une crise économique majeure.

La sécheresse, combinée aux températures élevées et au peu de précipitation, a de graves répercussions sur l’agriculture suisse, déplore vendredi l’Union suisse des paysans (USP). La faitière réclame des hausses de prix à la production et des aides pour éviter une crise économique majeure.

Dans la plupart des régions, la croissance de l’herbe s’est arrêtée, forçant les éleveurs à utiliser leurs réserves de fourrage prévues pour l’hiver, note vendredi l’USP dans un communiqué. Toutefois, les stocks ne tiendront pas jusqu’au printemps. Les éleveurs doivent donc acheter du fourrage, difficile à trouver en raison d’une situation similaire dans les pays voisins, ou se séparer d’une partie de leurs animaux.

La situation est également critique dans les zones d’estivage, où l’assèchement des sources d’eau s’ajoute à la pénurie de fourrage. Les cultures de pommes de terre, de betteraves ou de tournesols sont fortement affectées par la sécheresse.

Face à cette situation, l’Union suisse des paysans (USP) a obtenu de l’Office fédéral de l’agriculture des mesures dérogatoires. Les cantons peuvent ainsi verser les paiements directs même si certaines exigences ne sont pas remplies. La suspension des droits de douane sur les fourrages importés a également été accordée en août.

Pour l’USP, il est essentiel que les prix à la production augmentent pour compenser les surcoûts et les pertes de rendement. La faîtière s’engage auprès du commerce de détail et des interprofessions pour obtenir des tarifs couvrant les coûts. Elle appelle aussi les caisses de crédit à faciliter l’accès aux prêts pour les exploitations.

Mesures d’adaptations

A plus long terme, l’USP estime que des mesures d’adaptation sont nécessaires. Les exploitations devront notamment investir dans des systèmes d’irrigation et des bassins de rétention. La Confédération, elle, est notamment appelée à «soutenir les exploitations dans les investissements nécessaires à cet effet». Pour l’USP, Berne doit aussi s’engager dans la mise en oeuvre des mesures requises, et renforcer la recherche et soutenir des solutions d’assurance.

L’organisation souligne que les acheteurs et les détaillants ont un rôle crucial à jouer en acceptant des prix équitables. Selon elle, «les prix actuellement tirés vers le bas dans le commerce de détail compromettent, à terme, la durabilité écologique, économique et sociale de l’agriculture indigène, ainsi que la sécurité de l’approvisionnement».

Fin juillet, plus de 370 agriculteurs et agricultrices avaient adressé une lettre ouverte à l’USP. Dans cette missive, ils se plaignaient que leurs difficultés n’étaient pas prises en compte par l’organisation faîtière.

Face à la «gravité de la situation», Berne suspend les droits de douane sur le maïs

En Suisse, les récoltes de foin et de maïs ont fortement diminué à cause de la sécheresse et des faibles précipitations. Face à la «gravité de la situation», la Confédération a décidé de réduire les taxes douanières pour faciliter l’importation de maïs servant à l’alimentation des animaux. Aucun droit de douane ne sera appliqué au maïs du 15 août au 31 octobre.

Cette mesure permettra aux exploitations d’élevage de se procurer du maïs ensilé et de constituer des réserves raisonnables pour l’affouragement d’hiver, a indiqué vendredi le Département fédéral de l’économie (DEFR).

A la demande de l’Union suisse des paysans (USP), les services de Guy Parmelin ont décidé de suspendre provisoirement ces taxes douanières, droit de douane et contribution au fonds de garantie. Concrètement, le taux de droit de douane sera réduit à zéro franc par 100 kg pour le maïs frais ou ensilé, écrit le DEFR dans un communiqué.

Cette suspension s’ajoute à celle déjà en vigueur depuis le 1er août pour le foin et l’ensilage d’herbe. – (AWP/ATS)

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