Les bourses mondiales évoluent prudemment lundi au gré du regain des tensions au Moyen-Orient, de la hausse des prix du pétrole, des menaces d’inflation et des doutes dans la tech.
En Europe, Londres a terminé en équilibre (+0,01%), avec Vodafone (+5,22%) toujours en forme depuis l’annonce de la prise de participation de Xavier Niel, ce qui compense le recul de la plate-forme de trading IG (-2,80%) ou de la minière Fresnillo (-2,92%).
A Francfort (+0,19%), les investisseurs ont été davantage portés par l’industrie chimique(Brenntag, +3,63%) que les semi-conducteurs (Infineon -2,91%). A Paris (+0,31%), STMicroelectronics a aussi reculé (-0,71%).
A Milan (+0,37%), la pétrolière Eni (+3,88%) profitait de la hausse du pétrole, comme TotalEnergies à Paris (+2,98%), et BP (+4,63%) à Londres.
Exceptionnellement, les investisseurs se montraient plus confiants en Europe qu’à New York, où les trois indices traduisaient des mouvements de vente vers 16H00 GMT: S&P 500 -0,67%, Dow Jones -0,48% et Nasdaq -1,32%.
La Réserve fédérale américaine (Fed) risque de devoir relever ses taux d’intérêt «à court terme» si l’inflation continue d’évoluer dans la mauvaise direction, a prévenu lundi un de ses hauts responsables.
Entré au Nasdaq vendredi, le fabricant de puces coréen SK Hynix subissait par ailleurs un fort recul lundi.
Baromètre de la confiance dans l’IA, l’indice Kospi de la Bourse de Séoul a sérieusement chuté (-8,95%), entraîné par SK Hynix et Samsung Electronics (-10,70%).
Les semi-conducteurs seront dans les prochains jours au coeur de la saison des résultats, avec les groupes néerlandais ASML et taïwanais TSMC.
«Les investisseurs attendent toujours plus», souligne auprès de l’AFP Valentin Bissat, économiste et stratégiste pour la banque privée Mirabaud, au sujet du secteur de la tech et de l’IA.
«Les résultats du premier trimestre avaient été extrêmement élevés. Maintenant il faut une confirmation au deuxième trimestre», ajoute-t-il.
«La demande structurelle pour les puces et la mémoire est énorme», complète Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB. «Ainsi, toute phase de vente pourrait être considérée comme une opportunité d’achat».
Rebond des prix du pétrole
De nouvelles escarmouches militaires et verbales au Moyen-Orient ont rattrapé les marchés, qui ont plusieurs fois cru en avoir fini avec la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février contre l’Iran.
Le président américain Donald Trump a annoncé lundi le retour du blocus naval des ports iraniens dans le secteur du détroit d’Ormuz, touché par des frappes d’une ampleur sans précédent depuis le cessez-le-feu d’avril dans cette guerre qui n’en finit pas d’ébranler l’économie mondiale.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé lundi que l’intervention militaire des Etats-Unis dans le stratégique détroit d’Ormuz avait «gravement mis en péril la sécurité de l’approvisionnement» mondial en pétrole.
Vers 14h00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, grimpait de 4,89% à 79,73 dollars. Son équivalent américain, le WTI, gagnait 4,87%, à 74,89 dollars le baril.
Cette augmentation du cours du brut provoque à son tour «des anticipations d’inflation, qui alimentent une hausse des taux d’intérêt» des dettes des Etats, a expliqué Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.
Le rendement allemand à échéance dix ans, référence en Europe, atteignait ainsi 3,10%, contre 3,06% vendredi soir en clôture. Son équivalent français grimpait encore plus rapidement avec un rendement de près de plus de 3,88%, contre 3,82% vendredi.
Durcissement monétaire aux Etats-Unis?
C’est dans ce contexte que les marchés attendent des informations de poids en provenance des Etats-Unis pour mardi.
Il y aura d’abord l’indice des prix à la consommation (CPI) pour juin (4,2% en mai), en même temps que l’audition du nouveau président de la Fed Kevin Warsh devant le comité bancaire de la chambre des Représentants.
«Si certains acteurs (...) pensaient que cette banque centrale allait se satisfaire d’un objectif d’inflation supérieur à 2%, eh bien, j’imagine qu’ils seraient déçus», a récemment lancé M. Warsh lors d’une réunion de banquiers centraux à Sintra au Portugal.
Par ailleurs, les grandes banques américaines (JP Morgan, Goldman Sachs, Bank of America, Citigroup) lanceront la saison des résultats d’entreprises pour le deuxième trimestre.