Les marchés financiers bousculés par l’escalade de tensions au Moyen-Orient

AWP/AFP

2 minutes de lecture

Tandis que le pétrole flambe, Paris recule de 2,06%, Francfort de 2,28% et Londres de 1,54% vers 11h40. Les bourses asiatiques affichent également de fortes baisses.

Flambée des taux, hausse du pétrole, bourses dans le rouge... Les marchés mondiaux sont bousculés mercredi par un regain de tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, qui ravive la peur de l’inflation chez les investisseurs.

«Les risques liés à la géopolitique s’intensifient ce matin», résume Kathleen Brooks, analyste pour XTB.

Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l’Iran était «terminé», dans la foulée d’échanges de frappes entre les deux pays survenus dans la nuit au Moyen-Orient.

L’armée américaine a touché plus de 80 cibles en Iran lors de frappes lancées en riposte aux tirs iraniens contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, a annoncé mercredi le commandement américain pour le Moyen-Orient.

L’Iran a de son côté revendiqué des frappes contre le Bahreïn, pays du Golfe qui abrite une base américaine, en représailles à ces bombardements, que Téhéran présente comme une violation du protocole d’accord visant à mettre fin à la guerre.

Résultat, les prix du pétrole flambe à nouveau, après avoir nettement reculé depuis début juin grâce à l’accalmie permise par le protocole d’accord signé par Washington et Téhéran prévoyant la réouverture du stratégique détroit d’Ormuz.

Vers 9H40 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, gagnait ainsi 6,32% à 78,85 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI) nord-américain prenait 6,29% à 74,87 dollars.

Cette hausse du brut provoque à son tour un regain des craintes d’inflation, ce qui fait flamber les taux d’intérêt en Europe.

Le coût de l’emprunt français à échéance dix ans a ainsi grimpé mercredi de 0,11 point de pourcentage par rapport à la veille, atteignant 3,90%, un niveau inédit depuis juin 2009. Il dépasse son sommet du 27 mars, déjà atteint dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient, à 3,88%.

Son équivalent allemand, référence en Europe, se hissait lui au dessus du cap symbolique des 3%, à 3,06%, contre 2,99% la veille en clôture. Le taux italien à dix ans gagnait de son côté 0,11 point de pourcentage, à 3,88%.

Hors zone euro, le taux britannique à dix ans atteignait 4,94%, contre 4,84% la veille.

Les Bourses en net recul

Les bourses encaissent également le choc.

«Le moral des investisseurs vacillait déjà à l’ouverture, après les frappes échangées entre les États-Unis et l’Iran dans la nuit. Mais les propos de Trump ont mis le feu aux poudres», résume Neil Wislon, de Saxo Markets.

Vers 9H40 GMT, Paris perdait 2,06%, Francfort 2,28% et Londres 1,54%. Milan cédait 1,65%. En Asie, Séoul a cédé 5,35% et Tokyo 2,11%.

Les contrats à terme sur les principaux indices à Wall Street présageaient également une ouverture en net recul.

Le dollar et l’or stables

Les marchés ont toutefois «toujours un espoir que l’on arrive à une solution rapide» au Moyen-Orient, tempère Kathleen Brooks.

Signe que les investisseurs ne paniquent pas non plus, le dollar, valeur refuge, qui bénéficie pourtant souvent des montées de tensions au Moyen-Orient depuis mars, reste en effet stable (-0,06%) face à la monnaie unique européenne, à 1,1406 dollar pour un euro.

L’or, refuge ultime, recule de 1,20%, à 4057 dollars.

Dans ce contexte, les acteurs du marché scruteront avec attention la publication des «minutes» de la Réserve fédérale américaine (Fed), le compte-rendu de sa dernière réunion, la première présidée par Kevin Warsh.

L’institution monétaire a pour le moment décidé de maintenir ses taux, même si les dernières prises de parole de son nouveau patron ont été perçues comme plus ferme que prévu, face au regain d’inflation aux Etats-Unis.

A lire aussi...