Les Bourses mondiales évoluent majoritairement à la hausse jeudi, les investisseurs voyant dans des chiffres décevants de l’emploi aux Etats-Unis un argument en faveur d’une plus grande prudence de la Réserve fédérale (Fed) moins pressée de relever ses taux d’intérêt.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 1,65%, Londres a gagné 1,67% et Milan 1,60% quand Francfort a terminé en forte hausse de 2,16%, inscrivant un nouveau record en séance comme en clôture.
Les Bourses de Madrid, Zurich ou encore Stockholm ont également enregistré un nouveau plus haut historique en séance jeudi.
A Wall Street, vers 17h45, le Dow Jones prenait 0,72% peu après avoir touché un nouveau sommet en séance. L’indice élargi S&P 500 restait à l’équilibre (-0,04%) et le Nasdaq, indice à forte coloration technologique, perdait 0,58%.
Les données sur l’emploi américain sont contrastées: le chômage est passé de 4,3% à 4,2% en juin mais la première économie mondiale a créé dans le même temps moitié moins d’emplois qu’attendu.
Selon les statistiques officielles, 57'000 emplois ont été créés sur la période, quand les investisseurs en escomptaient autour de 110'000, d’après les différents consensus.
«Il s’agit de la plus faible progression de l’emploi depuis quatre mois, mettant un terme à une série de trois publications ayant systématiquement surpris positivement», note John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.
Pour les investisseurs, «un marché du travail qui ralentit est désormais perçu comme une bonne nouvelle, car il réduit le risque de nouvelles tensions inflationnistes», explique l’analyste. «Cette publication conforte ainsi le scénario d’une économie qui décélère progressivement sans donner, à ce stade, de signe de rupture brutale.»
Et pour la Fed, cette publication «diminue la nécessité d’un durcissement supplémentaire de la politique monétaire», conclut M. Plassard.
Le dollar pique du nez
Dans ce contexte, le dollar cédait 0,60% face à la monnaie unique européenne, à 1,1446 dollar pour un euro vers 17h45.
Sur le marché de la dette, le rendement de l’emprunt américain à échéance deux ans, le plus sensible à la conjoncture monétaire, reculait à 4,12% contre près de 4,18% la veille à la clôture.
«La Fed reste avant tout concentrée sur l’inflation, ce qui signifie que les données sur l’emploi doivent être interprétées avec prudence par ceux qui anticipent une baisse durable du dollar», nuance Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com.
Même si le risque d’inflation se dissipe avec la détente au Moyen-Orient, les prix restent «trop élevés», avait toutefois prévenu mercredi le patron de la Fed, Kevin Warsh, réuni avec d’autres banquiers centraux à Sintra, au Portugal.
Bayer s’envole
«Les investisseurs à Francfort se sont montrés particulièrement offensifs sur les titres Bayer (...) après le coup de théâtre judiciaire», relève Andreas Lipkow de CMC Markets.
Le géant allemand de l’agrochimie Bayer s’est en effet envolé de 8,9% à la Bourse à Francfort, après l’annonce d’un regroupement des activités glyphosate aux États-Unis dans une nouvelle entité, susceptible de limiter les risques judiciaires liés au désherbant controversé Roundup.
Ventes dans la tech
Autre point d’attention: la nouvelle vague de ventes des actions liées aux semi-conducteurs et à la tech, débutée à Wall Street mercredi et qui s’est amplifiée sur les places financières asiatiques dans la nuit.
Ce secteur, moteur des marchés depuis le début de l’année, est désormais en proie aux doutes des investisseurs sur la valorisation gigantesque de certaines entreprises et sur la rentabilité des investissements massifs dans l’IA.
Jeudi encore à Wall Street, Nvidia perdait 1,15%, ON Semiconductor cédait 2,24% et NXP Semiconductors 1,97% vers 17h45.
La Bourse de Séoul, très exposée au secteur, a chuté de 7,89% et Tokyo a perdu 2,47%.
Le pétrole recule, rassuré sur le Moyen-Orient
Le pétrole poursuit son repli, profitant de l’apaisement de la situation au Moyen-Orient, dans la foulée de discussions techniques entre Téhéran et Washington.
Vers 17h45, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, cédait 1,50% à 70,50 dollars.
Son équivalent américain, le WTI, perdait 1,55% à 67,52 dollars.