Construction de portefeuille: enfin des alternatives d’investissement!

Michele Lischetti, Ashenden Finance SA

2 minutes de lecture

Liquidités, obligations et actions offrent à nouveau des opportunités attractives aux investisseurs.

 

Au cours des quinze dernières années, les investisseurs ont évolué dans un environnement exceptionnel. Les politiques monétaires ultra-accommodantes mises en œuvre par les principales banques centrales ont progressivement ramené les rendements obligataires à des niveaux proches de zéro, orientant une part importante de l’épargne vers les marchés actions et les investissements alternatifs.

Dans ce contexte, la construction de portefeuille était relativement simple: les investisseurs à la recherche de rendement étaient souvent contraints d’augmenter leur niveau de risque. Les obligations offraient des rendements limités, les liquidités représentaient un coût d’opportunité et les actions étaient considérées comme la principale source de croissance du capital.

Un contexte différent 

D’un côté, l’économie américaine continue de démontrer une remarquable capacité de croissance, soutenue par des politiques budgétaires expansionnistes et des investissements dans des secteurs stratégiques. De l’autre, la Réserve fédérale américaine maintient une approche prudente, consciente que les pressions inflationnistes n’ont pas totalement disparu. À cela s’ajoutent les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les incertitudes liées à l’évolution du prix de l’énergie ainsi qu’une fragmentation croissante de l’économie mondiale.

Dans cet environnement marqué par de nombreuses variables et des scénarios souvent contradictoires, il devient de plus en plus difficile de bâtir une stratégie d’investissement reposant sur une seule prévision macroéconomique. La question que se posent aujourd’hui de nombreux investisseurs n’est plus de savoir quelle sera la prochaine décision de la Réserve fédérale ou quelle direction prendra le prix du pétrole, mais plutôt comment construire des portefeuilles capables de s’adapter à différents scénarios.

Parallèlement aux classes d’actifs traditionnelles, l’intérêt pour les solutions permettant d’améliorer le profil rendement-risque des portefeuilles continue de croître.

…qui appelle une nouvelle réflexion stratégique

Ce contexte a notamment pour conséquence que  plusieurs classes d’actifs offrent désormais et simultanément des opportunités crédibles.

Les obligations ont retrouvé un rôle central dans la construction des portefeuilles. Les rendements sur les marchés souverains et corporates permettent actuellement d’obtenir des niveaux de rendements qui auraient semblé difficilement accessibles il y a encore quelques années sans prendre des risques importants. Les investisseurs sont à nouveau rémunérés pour le capital prêté et bénéficient de flux de revenus relativement prévisibles.

Les marchés actions continuent également d’offrir des perspectives attractives à long terme. Des thèmes structurels tels que l’intelligence artificielle, la digitalisation, la cybersécurité, les infrastructures énergétiques ou encore la défense devraient continuer à soutenir la croissance de nombreuses entreprises dans les années à venir. Malgré des valorisations parfois élevées dans certains segments, les actions demeurent un pilier essentiel de la création de valeur à long terme.

Parallèlement aux classes d’actifs traditionnelles, l’intérêt pour les solutions permettant d’améliorer le profil rendement-risque des portefeuilles continue de croître. Certains produits structurés permettent notamment de monétiser la volatilité des marchés, de générer des revenus périodiques ou encore d’introduire des mécanismes de protection partielle du capital. Dans un contexte marqué par une forte incertitude, ces instruments peuvent constituer un complément pertinent aux investissements traditionnels.

La nouvelle opportunité: la possibilité de choisir 

La diversification retrouve ainsi toute son importance. Non pas comme une simple répartition du capital entre différents instruments, mais comme la capacité à construire des portefeuilles résilients, capables de faire face à différents scénarios économiques sans dépendre d’une seule hypothèse de marché.

L’histoire montre que les investisseurs ont souvent tendance à surestimer leur capacité à anticiper les événements macroéconomiques. Pourtant, les meilleurs résultats sont généralement obtenus non pas par ceux qui prédisent correctement l’avenir, mais par ceux qui construisent des stratégies suffisamment robustes pour fonctionner dans des environnements variés.

La véritable opportunité de 2026 ne réside peut-être pas dans le choix entre la croissance économique, les décisions des banques centrales ou l’évolution des tensions géopolitiques. Elle réside peut-être dans le fait que, pour la première fois depuis longtemps, les investisseurs ont retrouvé la possibilité de choisir.

En 2015, un investisseur était presque contraint d’acheter des actions pour obtenir du rendement. En 2026, il peut simultanément trouver des opportunités attractives dans les liquidités, les obligations et les actions.

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