Le bal des banques centrales – Flash boursier de Bonhôte

Julien Staehli, Karine Patron, Pierre-François Donzé, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

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L’apaisement géopolitique au Moyen-Orient a largement compensé le ton plus restrictif adopté par plusieurs banques centrales.

Les marchés financiers ont retrouvé un biais constructif au cours de la semaine, malgré une actualité particulièrement dense. L’apaisement géopolitique au Moyen-Orient, matérialisé par l’entrée en vigueur d’un accord intérimaire entre les Etats-Unis et l’Iran et la perspective de la réouverture du détroit d’Ormuz, a largement compensé le ton plus restrictif adopté par plusieurs banques centrales.

Des banques centrales plus fermes

Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale a maintenu son taux directeur dans une fourchette de 3,50%-3,75%, conformément aux attentes. Le véritable changement est venu du discours de son nouveau président, Kevin Warsh, qui a clairement indiqué que la priorité restait le retour durable de l’inflation vers l’objectif de 2%, tout en excluant toute orientation prospective détaillée. Les nouvelles projections montrent désormais qu’une majorité relative des membres du FOMC envisage au moins une hausse d’ici la fin de l’année, contre un consensus plus accommodant jusqu’ici. Cette inflexion a entraîné une remontée des rendements à court terme et un raffermissement du dollar. Warsh a également annoncé une révision en profondeur du fonctionnement de la Fed, notamment de sa communication, de son bilan et de son cadre d’analyse de l’inflation, signalant une volonté de restaurer une politique monétaire plus sobre et davantage centrée sur son mandat.

En Europe, les banques centrales ont également privilégié le statu quo après la hausse de la BCE la semaine dernière. L’inflation de la zone euro est ressortie à 3,2% sur un an en mai, un niveau conforme aux attentes, tandis que la Banque d’Angleterre a maintenu son taux directeur à 3,75%, estimant que la baisse récente des prix de l’énergie constituait un facteur favorable. La BNS a laissé son taux directeur inchangé à 0%, tout en réaffirmant sa vigilance face à une éventuelle appréciation excessive du franc. Le Seco a par ailleurs légèrement abaissé ses prévisions de croissance pour 2026 à 0,9%, en raison des incertitudes liées au contexte géopolitique, tout en conservant une perspective de reprise à 1,6% en 2027.

Le risque géopolitique s'estompe

L’évolution la plus importante de la semaine est toutefois venue du front géopolitique. Les Etats-Unis et l’Iran ont signé un protocole d’accord ouvrant une période de négociations de soixante jours en vue d’un accord nucléaire plus durable. En contrepartie d’un engagement iranien à réduire son uranium enrichi, Washington prévoit une levée progressive des sanctions. L’entrée en vigueur de cet accord a permis la reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz. Cette normalisation a immédiatement provoqué une baisse des cours du Brent, revenus sous 80 dollars le baril, dissipant une partie des craintes inflationnistes apparues ces dernières semaines.

Sur les marchés actions, les entreprises liées à l’écosystème des semi-conducteurs continuent de capter l’essentiel des flux d’investissement, portées par les perspectives toujours très favorables de l’intelligence artificielle.

A court terme, la poursuite de l’accalmie géopolitique devrait permettre aux marchés de recentrer leur attention sur les fondamentaux économiques. Les investisseurs surveilleront l’évolution des anticipations d’inflation après le changement de ton de la Fed ainsi que les prochaines publications macroéconomiques américaines afin d’évaluer si le scénario d’une nouvelle hausse des taux gagne en crédibilité.

L’essentiel en bref

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