Matières premières: l’aluminium et l’or plombés, le café corsé

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Vendredi, l’once d’or s’échange à Londres à 4150,55 dollars, contre 4219,33 dollars à la clôture la semaine passée.

Le cours de l’aluminium a fortement baissé cette semaine, le marché s’attendant à une production en hausse grâce à l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Le marché a bondi lundi après l’annonce d’un accord finalisé entre Téhéran et Washington.

L’Iran et les Etats-Unis ont ensuite signé un protocole d’accord pour mettre fin à presque quatre mois de guerre au Moyen-Orient.

Ce dernier permet notamment le déblocage de la circulation des navires via le détroit d’Ormuz durant les 60 jours de négociations pour un accord définitif entre les deux pays, notamment sur la question du nucléaire iranien.

«Avec la réouverture imminente du détroit d’Ormuz, l’offre d’aluminium en provenance de la région du Golfe reviendra sur le marché. Cela représente environ 9% de la production mondiale primaire d’aluminium», affirme Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank.

La baisse des cours du pétrole et de l’énergie réduit aussi les coûts liés à la production d’aluminium, industrie particulièrement énergivore.

Le cours de l’aluminium s’est donc distingué par rapport aux autres métaux de base en début de semaine.

Eux bénéficient plutôt de la perspective d’une amélioration des exportations d’hydrocarbures des pays du Golfe.

En effet, les prix bas de l’énergie sont favorables à la croissance économique et à la demande de métaux industriels.

Vers 15H15 GMT (17H15 à Paris), sur le LME, une tonne d’aluminium coûtait 3394 dollars vendredi, contre 3535 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

L’or repique

S’il est légèrement remonté en début de semaine, le cours de l’or a de nouveau piqué du nez mercredi après que la Réserve fédérale (Fed) a laissé ses taux directeurs inchangés tout en pointant vers un possible resserrement monétaire d’ici la fin de l’année.

En début de semaine, l’or avait bénéficié de l’annonce d’un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, qui avait fait tomber les prix du pétrole et augurait d’un apaisement de l’inflation: cela conduisait le marché à parier plutôt sur une baisse des taux américains, mettant le billet vert sous pression.

Mais le ton offensif de la Fed a finalement «provoqué une forte hausse du dollar» dans la foulée de la flambée des rendements des bons du Trésor, valeurs refuges concurrentes du métal précieux, ce qui a fait mécaniquement «chuter les cours de l’or et de l’argent», constate David Morrison, analyste chez TradeNation.

Par ailleurs, alors que les prix restent historiquement élevés, les professionnels de l’or s’inquiètent d’une flambée des activités illégales utilisant ce métal dont il est aisé de dissimuler l’origine.

«La valeur annuelle des flux illicites d’or (c’est-à-dire produit ou échangé en dehors des structures légales, ndlr) dépasse 120 milliards de dollars», estime ainsi David Tait, directeur général du Conseil mondial de l’or (CMO), interrogé vendredi par l’AFP.

L’organisme regrette aussi que «le marché officiel de l’or reste fermé aux mineurs artisanaux», qui représentent pourtant un cinquième de la production mondiale.

Seulement 1% de l’or correspondant au standard du marché des métaux de Londres provient de sources artisanales ou de petite échelle, qui l’écoulent donc majoritairement auprès des circuits informels.

Vendredi, l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à Londres à 4150,55 dollars, contre 4219,33 dollars à la clôture la semaine passée.

Fort de café

Les cours du café sont montés cette semaine, à cause de conditions climatiques moins favorables à la récolte des grains au Brésil.

Les récentes pluies dans ce pays «ont ralenti ce qui devait être une récolte exceptionnelle et ont également interrompu les activités de séchage» au Brésil, affirme Mark Bowman d’ADM Investor Services.

«Des rapports indiquent que des pluies ont détrempé des grains laissés à sécher, les exposant ainsi au risque de moisissures» ajoute l’analyste.

Le phénomène El Niño est tenu pour responsable de ces pluies plus abondantes que la normale.

El Niño est un phénomène climatique naturel qui réchauffe les températures de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial, entraînant des changements à l’échelle mondiale dans les régimes de vents, de pression et de précipitations.

«El Niño pourrait entraîner plus tard cette année des conditions sèches susceptibles de poser des problèmes pour la récolte de l’an prochain», précise aussi M. Bowman.

Sur l’ICE Futures US de New York vendredi, la livre d’arabica pour livraison en septembre valait 267,80 cents contre 253,40 cents le vendredi précédent.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison le même mois s’échangeait à 3.646 dollars, contre 3.525 dollars à la clôture sept jours plus tôt.

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