La conférence Alternative Investments Insights 2026, organisée le 2 juin 2026 a réuni une audience de professionnels de l'investissement de premier plan pour une matinée consacrée aux grandes tendances qui redéfinissent la gestion d'actifs alternatifs : marchés privés, actifs numériques, tokenisation, hydrogène vert, immobilier industriel, intelligence artificielle et gestion systématique.

Une salle comble et des débats de haute tenue

En ouverture de matinée, le ton était d'emblée ambitieux. Trois trajectoires, trois convictions liées à l’industrie des Hedge Funds : François-Serge Lhabitant (Kedge Capital), Dariush Aryeh (Fundana) et François Mollat du Jourdin (MJ&Cie) ont exploré avec Emmanuel Garessus, rédacteur en chef d’Allnews, l’impact des chocs géopolitiques actuels et pourquoi la quête de rendements décorrélés n'a jamais été aussi exigeante.

 


 

Marchés privés : quand le cycle reprendra-t-il ?

Les marchés privés traversent une phase de transition. Steven Turner (Morgan Stanley Investment Management) a posé un diagnostic lucide : les distributions doivent reprendre avant que l'activité de souscription ne retrouve son élan. Pour autant, les conditions d'un rebond se mettent en place. Les valorisations sont attractives et les volumes de fusions-acquisitions ainsi que les opérations secondaires ont atteint des records en 2025.

La question n'est donc plus de savoir si les flux de private equity se redresseront mais quand, et dans quelle mesure les investisseurs institutionnels seront positionnés pour en bénéficier.

 

Actifs numériques : l'heure de l'adoption institutionnelle a-t-elle sonné ?

Ce panel modéré par Géraldine Monchau-Richard d’Allnews a permis la confrontation de deux approches complémentaires de l'univers des actifs numériques : l'exposition directe aux cryptomonnaies via une approche indicielle, et la tokenisation de l'or physique comme point d'entrée dans les RWA (real-world assets).

Bruno Caratori (Hashdex) a présenté le cas de construction de portefeuille : la volatilité des cryptomonnaies a significativement diminué, la corrélation avec les actifs traditionnels reste faible.  Kurt Hemecker (Gold Token SA / MKS PAMP) a quant à lui précisé ce que signifie concrètement détenir un produit d'or tokenisé et a souligné l’importance des questions liées à la gestion du stockage, de la préservation et de la liquidité pour l'investisseur qui détient de l'or et non une exposition synthétique. 


 

Vers les marchés de capitaux de demain

La fenêtre réglementaire suisse est ouverte. SwissChain Holding porte une vision ambitieuse : créer un pont entre la finance traditionnelle et les actifs numériques via une holding tokenisée et régulée, avec une cotation prévue sur BX Digital. Le futur des marchés de capitaux se construit maintenant selon Loïc Giacomini (SwissChain Holding) et il se construit aussi à Genève.

 

Hydrogène vert : bulle, chute et perspectives

Une présentation de recherche sans complaisance. Les actions H2 n'ont affiché qu'un rendement annualisé de +0,4 % depuis 2016, avec un drawdown maximum de -92,7 %. La technologie reste prometteuse. Les modèles économiques ne sont pas encore au rendez-vous. Un éclairage indispensable dirigé par Nils Tuchschmid (HEG-FR) pour tout investisseur exposé au secteuR énergétique, qui rappelle que la narration technologique et la réalité financière peuvent durablement diverger.


 

Immobilier industriel en Suisse : performance et diversification

La classe d'actifs la plus sous-estimée de l'immobilier suisse ? L'industriel. Des rendements plus élevés, des coûts faibles, des loyers en hausse, et de véritables bénéfices de diversification.

Hugo Debreczeny (Realstone) a démontré pourquoi cette classe d'actifs mérite une place à part entière dans les allocations immobilières institutionnelles,  au-delà des segments résidentiel et bureau qui concentrent l'essentiel de l'attention.

 

L'avantage intelligence : comment la fintech transforme la gestion de patrimoine par l'IA

Le dernier panel, modéré par Thomas Blozovski (Voxia), a mis en lumière ce que l'IA change déjà dans les pratiques quotidiennes des gestionnaires de patrimoine.

Robin Lemann (Swissquote) a mis en lumière l'évolution des attentes clients : le service de qualité institutionnelle est en train de devenir le standard, et les acteurs qui sauront combiner une infrastructure scalable et une expérience réellement personnalisée prendront l'avantage. Pour sa part, Dominique Lecocq (Laine) a posé le constat opérationnel avec clarté : l'IA surpasse aujourd'hui les humains dans beaucoup de domaine. La vitesse d'exécution n'est plus un avantage concurrentiel optionnel ; c'est une variable stratégique.


 

Sélection systématique d'actions : les opportunités au-delà du long-only

Dans un environnement où la corrélation actions-obligations est redevenue positive, le long-only ne diversifie plus. L'approche 130/30 et les stratégies market-neutral en actions deviennent des outils essentiels et non des alternatives de niche. Gianluca De Nard (Swiscanto-ZKB) a rappelé l'importance de repenser les fondamentaux de la construction de portefeuille dans un nouveau régime macroéconomique.

 

 

La conférence en quelques images 

Ce qui donne sa valeur à cette matinée ne se résume pas aux interventions, c'est la qualité des personnes présentes dans la salle. Professionnels seniors de la banque privée suisse, gérants d'actifs, family offices et entrepreneurs, réunis pour des échanges authentiques qui se prolongent bien au-delà des panels.