La Banque centrale européenne (BCE) devrait relever ses taux directeurs de 25 points de base lors de sa réunion de juin, dans un contexte marqué par le risque de persistance des tensions inflationnistes lié aux prix élevés de l’énergie. Cette décision ne constituerait toutefois pas le début d’un nouveau cycle de resserrement monétaire, mais plutôt un ajustement prudent destiné à préserver la crédibilité de la BCE, sans préjuger de futures hausses.
Nos anticipations
- Le taux de dépôt devrait être porté de 2,0% à 2,25%. L’inflation totale s’est maintenue au-dessus de 3% en mai, sous l’effet de l’énergie, tandis que l’inflation sous-jacente a atteint 2,5%, soutenue notamment par les services (3,5%).
- La BCE devrait éviter tout engagement explicite concernant une nouvelle hausse en juillet et conserver une approche dépendante des données, réunion après réunion.
- La révision des projections macroéconomiques devrait refléter la persistance du choc énergétique, rapprochant le scénario central du scénario adverse présenté en mars. Pour 2026, la croissance serait ramenée de 0,9% vers 0,6%, l’inflation globale serait révisée de 2,6% à plus de 3,0% et l’inflation sous-jacente atteindrait 2,4% contre 2,3% précédemment, avant un retour vers la cible de 2% seulement à l’horizon 2028.
Conclusion
Face à la réaccélération de l’inflation liée au conflit au Moyen-Orient, la BCE devrait procéder à un resserrement limité à partir d’une position neutre. Dans le même temps, les risques pesant sur la croissance demeurent élevés. Le ralentissement de l’activité et de l’emploi ainsi que le moindre dynamisme de la demande devraient contribuer à atténuer les pressions inflationnistes à moyen terme, incitant la BCE à rester prudente quant à tout resserrement supplémentaire au-delà de cette réunion.
Source: Bloomberg, données à fin mai 2026