Deutsche Bank: coûts et rémunérations sous pression des actionnaires

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Lors de l’assemblée générale, Andreas Thomae, du gestionnaire de fonds Deka, a, comme d’autres représentants d’actionnaires, dénoncé la hausse de 47% du gain du président du conseil de surveillance.

Les représentants d’actionnaires de Deutsche Bank ont appelé jeudi à une stricte discipline des coûts dans un contexte incertain, tout en critiquant la forte augmentation de la rémunération du conseil de surveillance, lors de la première assemblée générale du groupe à Francfort en présentiel depuis cinq ans.

Andreas Thomae, du gestionnaire de fonds Deka, avait, comme d’autres représentants d’actionnaires, dénoncé en matinée la hausse de 47% de la rémunération du président du conseil de surveillance, Alex Wynaendts, qui briguait un nouveau mandat, à 1,4 million d’euros, un niveau jugé «clairement trop élevé» et qui envoie «un mauvais signal tant en interne qu’au public».

Le Néerlandais, déjà le mieux payé des membres de conseils de surveillance en Allemagne, va percevoir 1,15 million d’euros au lieu de 950’000 euros auparavant. A cela s’ajoute 250’000 euros de rémunérations pour la présidence de deux comités au sein du conseil, pour lesquels il n’a rien perçu l’année passée.

Son adjoint, Norbert Winkeljohann, va quant à lui percevoir 550’000 euros, soit 75’000 euros de plus qu’actuellement.

Deutsche Bank a justifié ces hausses car la rémunération de l’organe de contrôle du groupe «n’est plus compétitive».

Malgré les critiques qui ont émaillé les débats durant la journée, l’assemblée a approuvé ces augmentations à 96,8% des votes.

Devant environ un millier d’actionnaires présents, la gestionnaire de fonds Alexandra Annecke, d’Union Investment, a salué de son côté la sortie de crise de la banque au logo bleu, autrefois qualifiée de «colosse aux pieds d’argile» et frappée par des scandales financiers à répétition.

Mais elle a appelé à la prudence face aux effets de la guerre au Moyen-Orient. «Maîtriser les coûts réduit la dépendance à l’environnement macroéconomique», a-t-elle insisté.

L’accent mis par Deutsche Bank sur la croissance des revenus, visant 5 milliards d’euros de recettes supplémentaires d’ici 2028, a également suscité le doutes chez les actionnaires, vu le contexte économique incertain.

Les économies, en particulier sur les coûts de personnel, ne sont pas du goût de certains salariés du groupe: quelque 200 personnes avaient manifesté en matinée en marge de l’assemblée, à l’appel du syndicat ver.di, en pleine négociation salariale chez la filiale Postbank, dont les salariés réclament une hausse de 8%, avec un minimum de 300 euros mensuels.

Face aux dividende en nette hausse pour les actionnaires et à l’augmentation généreuse de la rémunération au sein du conseil de surveillance, Michael Görgen, 47 ans, président du comité d’entreprise de Deutsche Bank à Cologne (ouest), a dénoncé auprès de l’AFP un partage «injuste» des rémunérations, tandis que la proposition salariale de l’employeur pour le personnel équivaut, selon lui, à une perte de pouvoir d’achat.

La banque dirigée depuis 2018 par Christian Sewing, recentrée sur l’Europe et moins exposée aux activités risquées de banque d’investissement, entend désormais «passer de la défense à l’offensive», selon son patron, avec des objectifs d’ici 2028 incluant un rendement des fonds propres supérieur à 13% et un ratio de coûts inférieur à 60%.

Le repli du titre de 14% depuis le début de l’année traduit toutefois le scepticisme des marchés.

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