USA: le coût de la dette s’envole au plus haut depuis 2007, les ménages à risque

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Poussé par les craintes inflationnistes liées au conflit au Moyen-Orient, le rendement à 30 ans évolue autour de 5,18% vers 18h20, contre 5,12% la veille et environ 4,61% avant les premières frappes en Iran fin février.

La crainte d’une inflation tenace, ravivée par le conflit au Moyen-Orient, propulse mardi les coûts d’emprunt de l’Etat américain, un mouvement susceptible de peser davantage sur les consommateurs aux Etats-Unis.

A long terme (30 ans), l’Etat n’avait plus déboursé autant pour son refinancement depuis 2007 et le début de la crise financière.

Vers 16H20 GMT, l’échéance à 30 ans évoluait autour de 5,18%, contre 5,12% la veille et environ 4,61% avant les premières frappes israélo-américaines en Iran, fin février.

Les taux «avaient augmenté de façon maîtrisée plutôt que brutale» ces deux derniers mois, «les observateurs du marché obligataire considérant que la confrontation géopolitique contribuait à un choc énergétique ponctuel et de courte durée», souligne Jose Torres, de la plateforme d’investissement Interactive Brokers.

Mais les cours du pétrole loin de redescendre, restent à un niveau élevé, autour de 110 dollars le baril.

«Maintenant que les hostilités se prolongent (...), les forces inflationnistes se propagent à tous les secteurs», ajoute l’analyste.

Les dernières données officielles ont montré que le conflit avait provoqué une accélération de l’inflation aux Etats-Unis en avril, aussi bien pour les consommateurs que pour les entreprises.

Ces chiffres «ont inquiété beaucoup de monde», et rendent «les investisseurs obligataires plus nerveux», juge auprès de l’AFP Sam Burns, de Mill Street Research.

L’inflation grignotant la valeur du capital prêté, les créanciers demandent en compensation une prime de risque sous la forme de taux d’intérêt plus hauts.

Cette exigence touche toutes les échéances.

Le rendement à dix ans se tendait à 4,67% - un plus haut depuis début 2025 - contre 4,59% lundi en clôture.

Un tel mouvement, en une seule journée, n’est pas habituel sur ce marché.

Avant la guerre, il s’établissait à 3,94%.

Boulet pour l’économie

«La hausse des taux d’intérêt à long terme agit comme un frein sur l’économie», prévient auprès de l’AFP Adam Sarhan, de la société de placement 50 Park Investments.

Les taux d’emprunt de la dette souveraine guident ceux des crédits immobiliers et des prêts contractés par les entreprises.

En augmentant sensiblement, ils ont aussi pour effet de renchérir le coût des crédits automobiles et de faire grimper les taux d’intérêt des cartes de crédit, très utilisées aux Etats-Unis.

«Cela conduit à une baisse des dépenses, car les consommateurs réduisent leurs achats lorsque les mensualités augmentent», souligne M. Sarhan.

De leur côté, «les entreprises reportent les embauches et projets de croissance lorsque le financement coûte plus cher», ajoute l’expert.

«Ensemble, ces facteurs ralentissent l’économie, car les consommateurs et les entreprises freinent leurs dépenses simultanément», remarque Adam Sarhan.

Donald Trump a promis d’enclencher «un nouvel âge d’or» pour le pays.

Mais sa politique commerciale a chahuté les entreprises, tandis que sa guerre propulse les prix à la pompe. Le président américain voit les mauvais sondages s’accumuler à quelques mois des élections de mi-mandat.

Vague mondiale

La hausse des taux d’intérêt, visible depuis vendredi, s’étend à l’ensemble des marchés mondiaux.

En Europe, le rendement de l’emprunt allemand à échéance dix ans, considéré comme la référence du continent, atteignait 3,19%, un niveau comparable à 2011. Il était à seulement 3,04% jeudi soir.

Son équivalent français était à 3,83%, tandis que le britannique évoluait à 5,13%. Vendredi, il avait atteint un plus haut depuis 2008.

La mauvaise santé du marché obligataire affecte les places boursières mondiales. Wall Street était dans le rouge mardi.

Les taux obligataires plus élevés viennent grever le budget des Etats, avec un poids croissant pour le service de la dette.

Au moment même où nombre de pays tentent d’atténuer les conséquences économiques du conflit en multipliant les coûteuses mesures de soutien.

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