Les exportations allemandes ont faiblement augmenté en mars, lestée par les reculs enregistrés vers les Etats-Unis et la Chine, tandis que la production industrielle a confirmé sa tendance baissière, a indiqué vendredi l’office fédéral des statistiques.
Au total, les marchandises exportées dans le monde ont atteint 135,8 milliards d’euros, une hausse de 0,5% en données corrigées des variations saisonnières (CVS) et provisoires publiées par Destatis.
Les analystes de la plateforme Factset tablaient sur un recul de 1,7%, après février qui avait affiché une hausse de plus de 5%.
Les États-Unis restent le premier pays de destination des exportations allemandes, mais celles-ci y ont connu une baisse sur un mois de 7,9%, à 11,2 milliards d’euros.
Comparées à mars 2025, ces exportations vers la première puissance mondiale ont reculé de 21,4%, la plus forte baisse en glissement annuel depuis juin 2020, relève Destatis, alors que les droits de douane imposés par l’administration Trump nuisent aux produits «made in Germany».
Le président américain a annoncé jeudi donner jusqu’au 4 juillet à l’Union européenne (UE) pour appliquer l’accord commercial passé avec les Etats-Unis.
Passé ce délai, les droits de douane imposés par Washington à l’UE «bondiraient immédiatement à des niveaux beaucoup plus élevés», a averti Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Les exportations vers la Chine ont également diminué sur un mois, de 1,8%, à 6,0 milliards d’euros, alors que la Chine, capable de produire quantité de produits finaux, a moins besoin de marchandises importées.
En mars, les importations allemandes ont augmenté de 5,1% sur un mois, dégradant mécaniquement la balance commerciale qui a affiché un surplus en baisse à 14,3 milliards d’euros, le plus faible depuis mai 2023.
La production industrielle a par ailleurs connu un nouveau repli en mars, de 0,7%, alors que les analystes sondés par Factset tablaient sur un léger rebond de 0,5%, après la baisse révisée à 0,5% par Destatis sur le mois de février
«L’économie reste instable, avec des risques globalement orientés à la baisse», commente Jens-Oliver Niklasch, économiste chez LBBW.
La hausse des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient «semble avoir freiné la dynamique, tout comme la dégradation de la balance commerciale», ajoute-t-il.
Selon lui une amélioration du climat passerait «avant tout par la réouverture du détroit d’Ormuz», fermé depuis mars, ce qui a causé un choc énergétique de grande ampleur et devrait freiner davantage l’activité au deuxième trimestre.