Les marchés européens en repli en attendant la réponse de l’Iran

AWP/AFP

2 minutes de lecture

Paris recule de 1,17% après des gains de près de 3% la veille. Londres encaisse la chute des prix du brut (-1,55%). Francfort (-1,02%) et Milan (-0,82%) limitent les pertes.

Les bourses d’Europe ont clôturé en baisse jeudi, dans l’attente d’une réponse de l’Iran à la dernière proposition des États-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d’Ormuz.

Malgré le reflux important des prix du pétrole, Paris a perdu 1,17% après des gains de près de 3% la veille. Londres a encaissé la chute des prix du brut (-1,55%). Francfort (-1,02%) et Milan (-0,82%) ont limité les pertes.

«La séance boursière d’aujourd’hui à Francfort a montré que les investisseurs ne considèrent pas encore les événements actuels au Moyen-Orient comme un feu vert pour permettre au DAX d’atteindre à nouveau son record historique», résume l’analyste de CMC Markets Andreas Lipkow.

«Les dégâts sont trop importants et les effets à moyen et long terme de la guerre sur l’économie restent totalement incertains», ajoute-t-il.

A Francfort, le premier groupe d’armement allemand Rheinmetall a fortement reculé (-6,94%) après avoir annoncé une croissance nettement en dessous de ses objectifs annuels au premier trimestre 2026.

Prudents après l’euphorie de la veille, les marchés boursiers attendent la réponse de l’Iran à la dernière proposition des Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d’Ormuz.

Donald Trump a jugé mercredi «très possible» un accord de paix avec l’Iran, même s’il a de nouveau agité la menace d’une reprise des bombardements.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a estimé que Washington cherchait à forcer la «reddition» de Téhéran par une «nouvelle stratégie» visant à «détruire la cohésion du pays».

Le pétrole parie sur la paix

Plus que les marchés boursiers, les marchés pétroliers semblent parier sur la réouverture du détroit d’Ormuz et l’augmentation de l’offre.

Peu avant 16h00 GMT, le baril de Brent de la mer du nord s’échangeait à 96,56 dollars (-4,65%). Le WTI enregistrait le même recul de près de 5% (-4,75% à 90,56 dollars).

«Les marchés pétroliers restent donc partagés entre le soulagement de voir émerger une voie diplomatique et la prudence face à un choc d’approvisionnement qui n’est pas encore terminé», estime Matt Britzman, analyste senior du marché des actions chez Hargreaves Lansdown.

Les Etats-Unis plus optimistes

Aux Etats-Unis à 16h00 GMT, le Nasdaq, dominé par les valeurs technologiques, progressait (+0,39%), le S&P 500 flirtait avec son point d’équilibre (-0,07%), tandis que le Dow Jones, qui regroupe les valeurs industrielles, reculaient prudemment (-0,23%).

«Les investisseurs américains sont confiants», relève l’analyste de marché français Alexandre Baradez pour IG.

Ils s’intéressent toujours aux perspectives de l’intelligence artificielle, très gourmande en capitaux.

«Amazon, Alphabet, Microsoft, Meta et Oracle doivent investir collectivement près de 700 milliards de dollars cette année pour soutenir le développement de l’IA (data centers, cloud et infrastructures énergétiques), soit une augmentation d’environ 80% sur un an», relèvent les analystes du fond d’investissement Norman K.

Ces «dépenses colossales» pourraient «soulever des questions quant à la rentabilité à terme», mais pour le moment elles «continuent de soutenir les bénéfices», soulignent-ils.

Soulagement sur le marché des taux

La détente se poursuit légèrement sur le marché de la dette des États après le fort soulagement de la veille, les rendements obligataires poursuivant leur baisse avec la réduction du risque inflationniste.

Le rendement du «Bund», le taux d’emprunt allemand à échéance dix ans, référence en Europe, s’affichait à 2,98% contre près de 3% la veille à la clôture. Son équivalent français s’établissait à 3,60% contre 3,62% mercredi soir.

Par ailleurs, «l’anticipation d’un apaisement du conflit a entraîné une baisse du dollar», note Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.

Peu avant 16h00 GMT, le dollar cédait 0,20% face à la monnaie unique, à 1,1771 dollar pour un euro.

A lire aussi...