Les variations erratiques du brut restent déterminantes pour les marchés financiers malgré les solides résultats des entreprises au T1. Une nouvelle proposition iranienne est à l’étude, tandis que les banques centrales maintiennent le statu quo. Dans ce contexte, la volatilité des prix du pétrole continue d’alimenter les anticipations d’inflation et d’orienter les marchés de taux.
Intégrer une prime de risque liée aux tensions au Moyen-Orient
Les craintes d’une reprise des hostilités en Iran se traduisent par une prime de risque estimée entre 20 et 30 dollars sur le baril.
Cette hausse du brut maintient une pression haussière sur les taux courts, malgré le statu quo observé la semaine passée par les principales banques centrales.
Dans ce contexte, les courbes de taux s’aplatissent sous l’effet d’anticipations d’inflation révisées à la hausse à court terme. Cette dynamique reste toutefois sans impact significatif sur les marchés du crédit et des actions. Sur le segment souverain, l’écart du BTP italien s’est légèrement creusé, d’environ 4 points de base.
S’appuyer sur l’investissement pour soutenir la croissance américaine
La semaine a été particulièrement dense, entre publications macroéconomiques, réunions de banques centrales et résultats d’entreprises, notamment dans la technologie américaine.
Aux Etats-Unis, la croissance s’est établie à 2% au premier trimestre, portée principalement par l’investissement des entreprises, en lien avec le développement de l’intelligence artificielle. Les dépenses en biens d’équipement ont progressé de 17,2% en rythme annualisé, tandis que l’investissement en propriété intellectuelle augmente de 13%.
À l’inverse, la consommation des ménages (+1,6%) et l’investissement résidentiel montrent des signes de ralentissement. Le marché de l’emploi pourrait néanmoins retrouver du dynamisme, les données hebdomadaires de l’ADP suggérant une amélioration des créations d’emplois.
Composer avec des dynamiques hétérogènes en zone euro
En zone euro, l’inflation atteint 3% en avril, tandis que l’activité économique reste contrastée. La croissance est nulle en France au premier trimestre, alors que l’Allemagne enregistre une progression de 0,3%. L’Espagne continue de se distinguer, soutenue par une demande intérieure robuste.
Gérer un statu quo monétaire sous tensions
Du côté des banques centrales, le statu quo domine, mais les divergences s’accentuent.
À la Federal Reserve, la décision a été marquée par quatre votes dissidents. Si un membre s’est prononcé pour une baisse de 25 points de base, trois autres ont contesté l’idée d’un biais accommodant dans la communication.
La Banque centrale européenne maintient sa position, tout en soulignant l’incertitude entourant la durée de la crise. Son discours ne remet pas en cause les anticipations d’une hausse des taux en juin.
De son côté, la Banque du Japon pourrait également relever ses taux, après avoir révisé ses prévisions d’inflation à 2,7% pour l’indice sous-jacent.
Capitaliser sur la solidité des résultats d’entreprises
Les marchés actions restent bien orientés, en particulier aux Etats-Unis. Après plus de 300 publications, la croissance des bénéfices atteint 28% en rythme annuel, et jusqu’à 55% dans la technologie.
Le Nasdaq progresse de 1,1% sur la semaine, portant sa performance annuelle à 8%. En Europe, les marchés évoluent de manière plus dispersée, mais la saison des résultats demeure globalement positive.
Ajuster les stratégies obligataires à la dynamique pétrolière
Sur les marchés de taux, le pétrole reste le principal point d’ancrage. La hausse du brut entraîne une révision des anticipations d’inflation à court terme et accentue l’aplatissement des courbes.
Le spread 2-10 ans allemand s’est resserré de 3 points de base, tandis que les taux monétaires poursuivent leur tension, avec un Euribor à 12 mois en hausse de 8 points de base sur la semaine.
Dans ce contexte, les investisseurs privilégient les maturités longues pour se prémunir contre le risque immédiat lié au pétrole. Sur le marché des Treasuries américains, le rendement à 30 ans évolue autour de 5%.
Malgré la volatilité des taux, la prime de crédit Investment grade reste stable, illustrant la résilience des marchés face aux incertitudes actuelles.