La tech américaine comme nouvel actif refuge

Axel Botte, Ostrum AM

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Des résultats solides éclipsent les craintes liées aux investissements massifs dans l’IA.

©Keystone

 

La crise iranienne semble s’enliser sans perspective claire de résolution. Dans ce contexte, le rebond du pétrole ravive un aplatissement des courbes de taux généralement défavorable aux actifs risqués. Pourtant, les actions américaines font preuve d’une résilience notable.

L’un des aspects les plus surprenants de cet épisode réside dans l’atonie des actifs refuges traditionnels. L’or apparaît à la fois cher et spéculatif, les Treasuries sont pénalisés par les thématiques de dédollarisation et de financement des conflits, tandis que le franc suisse ne joue plus pleinement son rôle protecteur. A l’inverse, la technologie américaine, soutenue par des publications trimestrielles solides, s’impose comme une source de diversification dans des marchés devenus binaires et largement dictés par les fluctuations du pétrole.

Aux Etats-Unis, la croissance montre des signes de résistance malgré un affaiblissement de la consommation.

En zone euro, les indicateurs conjoncturels envoient des signaux contradictoires. Le rebond du PMI manufacturier en avril contraste avec le repli de l’indice IFO allemand, illustrant la sensibilité accrue de ces enquêtes à un environnement incertain. L’absence de négociations tangibles autour du détroit d’Ormuz entretient une pression haussière sur le brut, désormais au-delà de 100 dollars le baril. Sur le plan politique, Donald Trump reste dans une impasse et évoque de nouvelles frappes aériennes.

Une économie américaine résiliente portée par la tech

Aux Etats-Unis, la croissance montre des signes de résistance malgré un affaiblissement de la consommation. Les exportations d’énergie progressent fortement et l’investissement des entreprises demeure solide. Les créations d’emplois dans le secteur privé pourraient atteindre 150’000 à 200’000 en avril selon les estimations issues des données ADP. Dans le même temps, les géants technologiques comme Microsoft et Meta accélèrent leurs restructurations pour gagner en agilité face à l’essor de l’intelligence artificielle.

L’issue du cycle américain dépendra en grande partie de la capacité des hyperscalers à maintenir leurs investissements, puis à en extraire des revenus. L’intelligence artificielle, souvent présentée comme désinflationniste à long terme, constitue désormais un facteur structurant pour les banques centrales. Kevin Warsh pourrait y voir un argument en faveur d’un assouplissement monétaire en fin d’année, tandis que la BCE adopte une posture plus prudente, les anticipations d’inflation restant orientées à la hausse.

Des marchés dominés par le pétrole et les taux

La dynamique binaire des marchés, alimentée par les variations du pétrole, persiste. Dans ce contexte, la technologie américaine apparaît comme l’un des rares vecteurs de diversification. Les tensions sur les taux courts se renforcent, poussant le Bund à 10 ans au-delà de 3% et le Treasury à 10 ans vers 4,30%, tandis que le Gilt demeure marqué par l’incertitude liée aux divergences au sein de la banque centrale britannique.

La hausse de 15 dollars du baril entraîne un aplatissement marqué des courbes de taux, défavorable aux actifs risqués. En zone euro, le spread 2-10 ans se resserre de 12 points de base sur une semaine, alors que le Bund à 30 ans reste stable. Dans ce contexte, la convexité des obligations longues offre une protection intéressante face à la volatilité des taux. Les spreads souverains s’élargissent modérément, de 2 points de base en Irlande à 8 points en Italie et en Grèce.

Le crédit se montre relativement stable, contrairement aux indices de CDS plus sensibles aux tensions géopolitiques. L’iTraxx Crossover s’écarte d’environ 15 points de base en cinq séances. Parallèlement, la dette émergente poursuit son resserrement, indépendamment de la volatilité des taux américains.

Sur les marchés actions, la technologie américaine conserve une trajectoire distincte de celle induite par la crise pétrolière. Les résultats du premier trimestre confirment une forte croissance bénéficiaire, reléguant au second plan les inquiétudes liées aux investissements massifs dans l’IA. Le S&P 500 reste stable sur la semaine, tandis que les marchés européens reculent d’environ 2%.

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