Les PME industrielles font face à la hausse des prix d’achat des matières premières et des produits intermédiaires en avril. La pression sur les marges se fait davantage sentir et seule une petite partie des interrogées s’attend à pouvoir répercuter intégralement la hausse des coûts d’achat sur les prix de vente ces prochains mois.
L’indice des directeurs d’achats (PMI) des petites et moyennes entreprises (PME) helvétiques a reculé en avril, glissant à 52,1 points, après 55,0 points en mars, selon Raiffeisen lundi.
Si cet indicateur continue de montrer une reprise de l’activité économique, la proportion de PME faisant état d’une amélioration a toutefois diminué par rapport à mars. «On observe un ralentissement, en particulier chez les entreprises tournées vers l’exportation, même si, elles aussi font majoritairement des retours positifs», note la coopérative bancaire saint-galloise.
Le sous-indice relatif au carnet de commandes a enregistré la plus forte baisse, de presque cinq points, reculant à 54,5 points. La production a également connu une croissance moins soutenue qu’au cours des mois précédents (-2,1 points).
L’indice de l’emploi est passé sous le seuil de croissance de 50 points et s’établit à 48,8 points, une baisse principalement imputable aux PME orientées vers l’exportation.
La composante relative aux délais de livraison a connu la baisse la moins marquée et se maintient à un niveau élevé par rapport aux dernières années. Dans le contexte actuel, l’allongement des délais de livraison semble refléter des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement.
La situation géopolitique tendue au Proche-Orient entraîne parfois des retards dans l’approvisionnement de certaines matières premières et de certains produits intermédiaires, tels que les produits pétrochimiques, l’aluminium ou l’hélium.
Si certaines PME font part de leur intention d’acheter davantage de produits intermédiaires pour constituer des stocks, la composante «stocks d’achat» a toutefois reculé de quatre points en avril à 46,4 points.
Plus des deux tiers des PME interrogées font état d’une hausse des prix d’achat des matières premières et des produits intermédiaires (hors énergie) au cours des deux derniers mois. Parmi les entreprises exportatrices, environ un cinquième constate même une forte hausse des prix d’achat.
À la question de savoir si ces hausses de prix peuvent être répercutées aux clients finaux, 30% des PME orientées vers l’exportation estiment n’avoir aucune marge de manoeuvre à la hausse sans entraîner une baisse sensible de la demande.
Quant aux entreprises axées sur le marché intérieur, 42% s’attendent à des hausses de prix modérées, voire importantes dans certains cas.