Les bourses européennes ont terminé jeudi en hausse au terme d’une semaine agitée, quelque peu tranquillisées par la baisse du pétrole en fin d’après-midi.
Avant le week-end prolongé du 1er-Mai, Paris a progressé (+0,53%), tout comme Francfort (+1,41%, indice tiré par DHL) et Londres (+1,62%). Milan a également progressé (+0,82%). A Zurich, le SMI a gagné 0,80%.
Au terme d’une journée pleine de rebondissements, la baisse du pétrole et l’ouverture positive à New York ont soudainement amélioré l’état d’esprit sur les marchés, notamment à Francfort.
A la Bourse allemande, le géant de la logistique et du courrier DHL a gagné plus de 7%, le marché saluant un résultat opérationnel supérieur aux attentes au premier trimestre.
Très volatile, le prix du baril de Brent de la mer du Nord reculait brusquement peu avant 16H30 GMT (-3,43%) à 113,98 dollars le baril. Le WTI américain suivait le mouvement (-2,44% à 104,27 dollars).
Plus tôt dans la journée, le Brent, référence en Europe, avait dépassé les 126 dollars le baril, un sommet depuis début 2022 lorsque l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe avait provoqué une flambée des cours.
L’absence de pourparlers et les risques d’une rupture de la trêve entre les États-Unis et l’Iran préoccupent toujours les marchés.
«Les craintes d’une escalade du conflit entre les États-Unis et l’Iran ont alimenté la hausse initiale avant que le marché ne se calme», a commenté Kathleen Brooks, directrice de recherche pour XTB.
Les résultats d’Alphabet salués à New York
Les bourses ont également digéré l’annonce aux États-Unis des résultats trimestriels de quatre géants de la tech (Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft).
Ces résultats ont été bien accueillis par les trois indices de Wall Street qui progressaient jeudi à 16H00 GMT: Nasdaq (+0,12%), S&P 500 (+0,44%) et Dow Jones (+1,50%).
Indice des valeurs technologiques, le Nasdaq saluait la bonne performance d’Alphabet (+6,93%) mais était freiné par Meta (-9,37%).
«Alphabet coche toutes les bonnes cases, avec des perspectives de monétisation des investissements dans l’intelligence artificielle (IA)», décrypte auprès de l’AFP Kevin Thozet, analyste de marché pour la société française de gestion d’actifs Carmignac.
«Alphabet n’a pas annoncé davantage de dépenses d’investissement pour le reste de l’année, ce qui a été bien perçu par les marchés», estime-t-il. «Au contraire, Meta a ajusté à la hausse ses perspectives d’investissements pour 2026».
BCE: hausse des taux possible en juin
En Europe, les Bourses ont également suivi la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui a maintenu inchangé à 2% son taux de dépôt, sans écarter un relèvement dès juin. «Les risques» d’une inflation en hausse et d’une croissance en baisse se sont «intensifiés», a prévenu la BCE.
L’inflation dans la zone euro s’est de nouveau accélérée en avril, à 3%, son plus haut niveau depuis septembre 2023, après 2,6% en mars, au-dessus de l’objectif de 2% de la BCE, a annoncé Eurostat jeudi.
«Sauf forte baisse des prix de l’énergie ou net ralentissement des indicateurs d’activité, une hausse des taux de 25 points de base en juin semble probable», commentent les analystes de Capital Economics.
La Fed, la Banque du Japon et la Banque d’Angleterre ont également choisi ces «pauses actives», selon l’expression du gouverneur de la Banque d’Angleterre Andrew Bailey.
«Nous anticipons des hausses de taux au mois de juin, au moins pour ce qui concerne la zone euro, le Japon et le Royaume-Uni», commentent les analystes de BNP Paribas.
Indicateurs des risques d’inflation, les taux d’intérêt liés à la dette des États reculaient, comme soulagés par la «pause active» de la BCE. Le rendement du «Bund» allemand sur dix ans passait à 3,03% contre 3,10 la veille. Son équivalent français suivait le même mouvement ((3,69% contre 3,78%).
Le yen reprend des forces
Sur le marché des changes, le yen a fortement rebondi, porté par la rumeur d’une potentielle intervention de la part des autorités. Après un bref passage sous la barre des 160 yens pour un dollar américain, la devise a ainsi retrouvé des niveaux proches de 156-157.
«La dépréciation de la devise s’était en effet accélérée à l’issue du récent comité de politique monétaire de la BoJ et surtout de sa conférence de presse durant laquelle K. Ueda a peiné à convaincre les investisseurs», selon Jean-Thomas Heissat, stratégiste à CPR Asset Management.