Le dollar profitait mercredi des doutes sur les actions technologiques et des anticipations de taux d’intérêts américains élevés, bien que les investisseurs restent prudents à quelques heures de la décision et de la conférence de presse de la Réserve fédérale (Fed).
Vers 11h05, la devise américaine grappillait 0,09% face à la monnaie unique européenne, à 1,1701 dollar pour un euro, ainsi que 0,12% à la livre sterling et 0,10% au yen japonais. «Si l’inquiétude croissante liée au manque de progrès sur un accord entre les Etats-Unis et l’Iran a clairement joué un rôle» mercredi, «ce sont surtout quelques accès de nervosité sur les actions américaines, dus aux craintes autour de l’intelligence artificielle, qui ont permis au dollar de rebondir», a estimé Francesco Pesole, analyste chez ING.
Le billet vert est en effet perçu comme une valeur refuge par les investisseurs, qui ont tendance à l’acheter en cas d’inquiétudes sur des actifs considérés comme plus risqués tels que les actions des marchés boursiers. Or Wall Street a connu une vague de ventes dans le secteur technologique à la suite de la publication mardi d’un article du Wall Street Journal indiquant qu’OpenAI, le créateur de ChatGPT, n’avait pas atteint ses objectifs de nombre d’utilisateurs et de chiffre d’affaires.
La nouvelle est tombée alors que les marchés attendent mercredi la publication des résultats des géants américains Amazon, Alphabet, Meta et Microsoft, avant ceux d’Apple jeudi. Les économistes s’attendent à ce que la banque centrale américaine (Fed) maintienne ses taux directeurs inchangés plus tard mercredi, comme la Banque du Japon (BoJ) avant elle mardi, et comme devrait également le faire la Banque du Canada.
Un statu quo monétaire est aussi escompté jeudi pour la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE).
On peut douter que le président de la Fed Jerome «Powell adopte un ton très agressif (étant donné qu’il s’agit probablement de sa dernière conférence de presse)», a jugé Derek Halpenny, analyste de MUFG. Le mandat de M. Powell à la tête de la Fed s’achève en principe le 15 mai, bien qu’il puisse théoriquement continuer à y siéger comme gouverneur jusqu’au début de 2028.
La tradition veut cependant qu’il quitte l’institution afin de laisser le champ libre à son successeur, Kevin Warsh, qui devrait être confirmé prochainement par le Sénat. Mais l’actuel patron de la Fed pourrait «mettre l’accent sur les risques croissants pour la stabilité des prix, ce qui devrait provoquer une hausse des rendements» obligataires qui pourrait renforcer «la demande en dollars», a relevé l’analyste de MUFG.