Les marchés mondiaux naviguent à vue mardi, dans l’attente des réunions de plusieurs banques centrales et les résultats des géants de la tech, sur fond de regain d’inquiétudes sur l’intelligence artificielle.
En Europe, les marchés boursiers sont restés prudents. Paris a perdu 0,46%, Francfort 0,27% et Londres a grappillé 0,11%. A Zurich, le SMI a cédé 0,13%.
A New York, à la mi-séance vers 15H50 GMT, le S&P 500 (-0,79%) cédait du terrain, alors que le Dow Jones avançait légèrement (+0,12%). Le Nasdaq perdait de son côté 1,43%, faisant ainsi les frais d’un recul de valeurs de la tech.
Selon le Wall Street Journal, OpenAI, le créateur de ChatGPT - qui ne publie pas ses comptes car non coté - n’aurait pas atteint ses propres objectifs aussi bien en termes de chiffre d’affaires que de nombre de nouveaux utilisateurs.
De quoi relancer les craintes sur la soutenabilité des dépenses massives de la Silicon Valley dans l’IA.
D’autant que les investisseurs attendent les résultats trimestriels de plusieurs géants de la tech, à savoir Meta, Microsoft, Amazon et Alphabet mercredi, et Apple jeudi.
Les entreprises du secteur des composants et des puces électroniques, qui comptent sur les dizaines de milliards de dollars qu’OpenAI doit dépenser chaque année pour se fournir en nouvelles puces, souffraient en Bourse.
A Wall Street, Nvidia lâchait 3,62%, Broadcom 5,42% et AMD 4,71%. En Europe, ASML qui produit et vend des machines de pointe pour la fabrication de puces, a perdu 3,36% à Amsterdam.
Le pétrole monte, les Emirats sortent de l’Opep
Les marchés continuent de surveiller la situation au Moyen-Orient. Une nouvelle hausse des prix du pétrole plombe l’humeur, sur fond de blocage persistant du stratégique détroit d’Ormuz en raison du conflit.
Le Brent, référence en Europe, est repassé au-dessus 110 dollars le baril, à 111,62 dollars (+3,13%). Le WTI, référence américaine, atteignait de son côté vers 15H50 GMT 99,82 dollars, en hausse de 3,58%.
Les Emirats arabes unis ont annoncé mardi leur retrait surprise de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) au nom de leur «intérêt national», marquant un revers pour l’alliance déjà ébranlée par la guerre au Moyen-Orient.
Cette décision «pourrait marquer un tournant majeur dans le rôle et l’influence de cette organisation» et «elle constitue dans tous les cas une érosion du cartel pétrolier», commente Andreas Lipkow, chez CMC Markets.
Les taux d’intérêt des emprunts souverains grimpent en raison des craintes d’inflation. Le rendement à échéance dix ans allemand, référence en Europe, s’établissait ainsi à 3,07% contre 3,03% la veille.
Les banques centrales à l’honneur
Autre point d’attention majeur des marchés: les réunions de plusieurs banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine (Fed) mardi et mercredi, avant la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE) jeudi.
La réunion de la Fed sera vraisemblablement la dernière présidée par Jerome Powell avant que Kevin Warsh, successeur désigné par le président américain Donald Trump, ne prenne les rênes de l’institution.
Les deux institutions se «réunissent dans un contexte compliqué, face au retour de l’inflation avec la hausse des prix du pétrole, et une croissance qui montre quelques signes de faiblesse, notamment en Europe», explique Benoit Vesco.
Ni la Fed mercredi ni la BCE jeudi ne devraient annoncer le relèvement de leurs taux directeurs pour endiguer les risques d’inflation, «mais chaque mot sera scruté pour détecter un éventuel changement de ton», estime John Plassard de Cité Gestion.
Spotify déçoit
Le géant suédois de la musique en ligne Spotify comptait 761 millions d’utilisateurs actifs à la fin du premier trimestre, soit 10 millions de plus qu’au trimestre précédent, a-t-il annoncé mardi.
Mais ses prévisions pour le deuxième trimestre ont déçu les investisseurs, son titre chutant de plus de 12% à New York.
Coca Cola pétille, General Motors cale
Le constructeur automobile américain General Motors (-2,17% à 76,25 dollars) était sanctionné pour le recul de son chiffre d’affaires et de son bénéfice net au premier trimestre.
En revanche, les bons résultats de Coca-Cola et le relèvement de certaines prévisions annuelles du géant des boissons lui permettaient d’afficher une action en hausse de 6,29% à 80,19 dollars.