Accalmie sur les prix du pétrole, mais l’incertitude persiste

Maria Shkolnik, UBP

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Le cessez‑le‑feu a brièvement apaisé les cours du brut, mais le doute géopolitique et les perturbations d’approvisionnement continuent de peser sur le marché.

 

Le cessez-le-feu annoncé au début du mois constitue une première étape majeure vers une désescalade. S'il a apporté un soulagement partiel aux prix du pétrole, avec le Brent se stabilisant aux alentours de 90 dollars le baril, l'accord reste pour l'heure temporaire et conditionnel. Une grande incertitude demeure quant à sa prolongation, au calendrier, ainsi qu'aux conditions et aux garanties de sécurité liées à la réouverture du détroit d'Ormuz, nœud névralgique du commerce pétrolier mondial.

La normalisation prend du temps, une paix durable est nécessaire

Dans sa forme actuelle, le cessez-le-feu ne suffit pas à permettre une normalisation rapide de l'approvisionnement en pétrole et en produits énergétiques. Des volumes de production significatifs, supérieurs à 10 millions de barils par jour, restent à l'arrêt, et plusieurs infrastructures ont subi des dommages. Le sentiment de marché s'est certes amélioré, et la prime de risque géopolitique s'est resserrée par rapport à ses niveaux maximaux. Elle n'a toutefois pas disparu, car l'incertitude et l'ampleur des perturbations physiques demeurent élevées.

Pétrole: des prix de l’énergie durablement élevés

Une dynamique de revalorisation plus durable de l'énergie semble s'installer dans le sillage du conflit au Moyen-Orient. Les impératifs de sécurité énergétique, la nécessité de reconstituer des stocks durablement entamés, la hausse structurelle des coûts de transport et d'assurance, ainsi que la persistance des risques géopolitiques tels qu’une escalade potentielle et de nouvelles perturbations sur les grandes routes de transit, en particulier de la part des Houthis en mer Rouge, devraient continuer à soutenir durablement les prix du pétrole bien au-delà d'une résolution à court terme du conflit; un contexte cohérent avec un prix moyen du baril aux alentours de 100 dollars.

Actions du secteur énergétique: vents favorables à court terme et changement structurel

Le cessez-le-feu a déclenché un repli des valeurs dans l’énergie, en particulier celles liées aux activités en amont telles que l’exploration et la production. Globalement, le secteur devrait néanmoins rester bien orienté structurellement, car dans un environnement de prix du pétrole supérieur à 80 dollars le baril, les entreprises continuent de bénéficier de flux de trésorerie solides, d'une allocation disciplinée du capital et d’offrir des rendements attractifs au actionnaires.

Ce conflit aura rappelé avec force l'importance stratégique de la sécurité énergétique et de la diversification des approvisionnements; un signal qui devrait soutenir les investissements dans la production et les infrastructures énergétiques, et conforter les perspectives à moyen terme du secteur malgré la pause à moyen terme.

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