Vinga Securities fait partie du groupe suédois Vinga Group. A l'occasion d'un roadshow effectué en Suisse en mars, Tom Olander, fondateur du groupe Vinga et CEO de Vinga Group, Sébastien Khlat-Müller, directeur des activités de la filiale suisse du groupe Vinga, et Sébastien Elbied, responsable des relations avec les investisseurs chez Vinga Securities, ont présenté les particularités de ce marché, notamment dans les domaines des obligations, des infrastructures et la dette privée.
Quelles sont les spécificités du marché des obligations à haut rendement en Scandinavie comparé à la zone euro en termes de rendement? Quelle est l'importance accordée aux critères ESG? Le point avec Sébastien Elbied, responsable des relations avec les investisseurs chez Vinga Securities et spécialiste des investissements nordiques (Scandinavie).
«Le segment du high yield en euros offre un rendement d’environ 5%, tandis que le haut rendement nordique se situe autour de 8%.»
Pour un investisseur basé en Suisse, en particulier un investisseur qualifié, quel serait le principal avantage d’investir dans des obligations scandinaves par rapport à des obligations allemandes ou britanniques?
L’un des motifs est le rendement compétitif. A titre de comparaison, le segment du high yield en euros offre un rendement d’environ 5%, tandis que le haut rendement nordique se situe autour de 8%.
Pourquoi les rendements du high yield nordique sont-ils beaucoup plus élevés?
Une des raisons qui l'explique est qu’il s’agit d’un marché en croissance avec moins d’émetteurs notés que ce que l’on trouve en Europe continentale et en Suisse. Vous obtenez donc une prime plus élevée sur les émetteurs non notés, mais le risque n’est pas nécessairement plus élevé.
Dans les pays nordiques, il y a également beaucoup de nouvelles entreprises qui doivent proposer un rendement un peu plus élevé pour attirer les capitaux et les investisseurs internationaux.
Diriez-vous donc que de nombreuses entreprises qui émettent de la dette dans les pays nordiques sont plutôt jeunes ou innovantes?
Je pense qu’il s’agit d’un mélange de tout cela. Stockholm est l’un des pôles européens pour les entreprises technologiques et les «licornes». Chez Vinga, nous avons historiquement levé des capitaux pour de nombreux promoteurs immobiliers. Ces dernières années, cela s’est davantage orienté vers des projets d’infrastructure.
«Le Danemark, la Norvège et la Suède sont tous notés triple A, ce qui inspire beaucoup de confiance, car il n’y a plus beaucoup de pays notés triple A aujourd’hui.»
Un autre point intéressant est que la région nordique est financièrement solide. Le Danemark, la Norvège et la Suède sont tous notés triple A, ce qui inspire beaucoup de confiance, car il n’y a plus beaucoup de pays notés triple A aujourd’hui. A cet égard, il existe des similitudes entre les pays nordiques et la Suisse.
Les pays alpins et nordiques jouissent d’une bonne réputation en tant que pays stables sous différents aspects — finances, fiscalité, environnement, transparence. Ces pays sont également politiquement stables, surtout si l’on considère la situation actuelle au Moyen-Orient et dans plusieurs autres régions du monde.
Si l’on en vient au marché de la dette privée, quelle est la différence du profil des marchés du crédit dans les pays nordiques par rapport à la zone euro ou aux États-Unis? Quelle est l’utilisation principale du financement en dette privée dans les pays nordiques?
L’une des caractéristiques qui me vient immédiatement à l’esprit est l’impact et l’angle ESG dans de nombreux aspects. Les pays nordiques ont intégré les principes ESG bien avant la plupart des autres pays européens.
C’est pratiquement dans l’ADN des entreprises nordiques d’intégrer un certain nombre d’éléments ESG dès le début du processus d’investissement. Ce n’est pas quelque chose qu’il faut démontrer au marché ou présenter séparément.
Pouvez-vous donner des exemples de tels projets?
Un exemple est Regenergy Frövi, qui est la plus grande installation de serre jamais construite en Suède. Elle est située dans une petite ville à deux heures de route de Stockholm. Nous avons participé au financement de ce projet, qui a suscité un grand intérêt des investisseurs.
«Regenergy Frövi est la plus grande installation de serre jamais construite en Suède. Nous avons participé au financement de ce projet, qui a suscité un grand intérêt des investisseurs.»
C’est un projet remarquable dans lequel la chaleur résiduelle des industries voisines est captée et injectée dans la serre, permettant de cultiver des légumes toute l’année, même dans le climat froid suédois. Il s’agit d’un projet révolutionnaire d’infrastructure alimentaire qui améliore simultanément la logistique, la durabilité et l’autosuffisance nationale.
Quels secteurs sont représentés dans les investissements que vous proposez?
Historiquement, environ 75% de nos investissements étaient consacrés à l’immobilier. Récemment, cela a évolué vers une répartition d’environ 50% dans l'immobilier et 50% dans l'énergie et les infrastructures.
Un autre exemple de ce dernier segment est Axolo, qui développe la plus grande ferme aquacole terrestre en Norvège. Et c’est vraiment, par définition, un investissement à impact, car il existe de nombreux défis environnementaux dans ce domaine. Dans les élevages de poissons en mer, le taux de mortalité peut atteindre 25%, tandis qu’en aquaculture terrestre, ce taux est beaucoup plus faible. Et c’est remarquable, car l’équipe que nous aidons à financer est composée d’anciens de Veolia, donc très impliqués dans le traitement de l’eau. C’est pourquoi l’environnement dans lequel évoluent les poissons est très pur et propre. La Norvège est le plus grand exportateur de poisson au monde, ce qui en fait une référence solide, et le pays comprend l’importance de la sécurité alimentaire.
Lorsque vous vous adressez à des investisseurs suisses, comme lors de votre roadshow à Genève en mars, dans quelle mesure sont-ils intéressés par une diversification vers les pays nordiques?
La diversification est essentielle, tant en termes de classes d’actifs que d’exposition géographique. En plus de notre offre sur le marché primaire, nous disposons également d’une activité de gestion d’actifs, incluant notre fonds Vinga Corporate Bond ainsi que des mandats de gestion discrétionnaire, tous centrés sur l’univers d’investissement nordique.
Il convient également de mentionner que nos émissions sur le marché primaire sont disponibles à la fois en SEK (couronne suédoise) et en euro. Ainsi, l’investisseur ne supporte pas le risque de change: il peut investir directement en euro. L’émetteur couvre le risque de change et nous organisons une tranche en euro pour les investisseurs européens. Tous les investissements sont accessibles à partir de 100’000 euros.
Comment évaluez-vous la perception du marché pour ce type de solution d’investissement par rapport à l’année dernière, par exemple?
Du point de vue du desk suisse, je pense que les investisseurs suisses privilégient de plus en plus les émissions adossées à des actifs, comme les infrastructures ou l’immobilier. Les infrastructures bénéficient d’une bonne perception, car ce secteur repose souvent sur des contrats à long terme, offrant une stabilité essentielle dans un environnement de marché volatil.