Prix des carburants, principal vecteur de diffusion – Check conjoncturel de Raiffeisen

Raiffeisen Economic Research

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La forte hausse des prix de l’énergie a déjà commencé à freiner la conjoncture mondiale. La moindre intensité énergétique atténue les effets pour la Suisse.

Une trêve de deux semaines, destinée à permettre des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran, renforce l’espoir que le conflit soit de durée limitée et que l’approvisionnement énergétique en provenance de la région du Golfe se stabilise au cours du reste de l’année. Toutefois, la forte hausse des prix de l’énergie a déjà commencé à freiner la conjoncture mondiale. La moindre intensité énergétique atténue les effets pour la Suisse. Mais même dans le scénario de base d’un choc d’offre seulement temporaire, nous anticipons pour 2026 une croissance du PIB légèrement plus faible, à 0,9%, et une inflation modérément plus élevée, à 0,5%. Il n’en résulte toutefois pas de nécessité d’intervention pour la BNS.


A court terme, la réduction de l’offre de pétrole et de gaz liée à la guerre en Iran se répercute sur l’économie mondiale via les prix des carburants. En mars, les prix des produits pétroliers raffinés ont parfois réagi plus fortement que prévu historiquement. Cela s’explique par l’importance accrue des capacités de raffinage dans la région du Golfe.

Au début de la guerre, les réserves d’énergie mondiales étaient élevées. Elles sont toutefois réparties de manière très inégale. Après quelques semaines, le problème est devenu plus aigu dans les pays émergents d’Asie, qui étaient principalement approvisionnés par les pays du Golfe. Près de 85% des livraisons transitant par le détroit d’Ormuz étaient destinées à l’Asie. Les gouvernements philippin, thaïlandais et vietnamien appellent donc à économiser l’énergie. En raison des prix bas, la hausse des prix des carburants a généralement un impact plus important dans les pays émergents. Les responsables politiques ont réagi à cette situation entre autres par des subventions et des plafonds de prix. En Inde et en Indonésie, le contrôle étatique des prix a permis, jusqu’à présent, de maintenir la stabilité des prix. Les files d’attente aux pompes à essence n’en sont que plus longues. Ce plafonnement envoie un faux signal aux consommateurs.

Aux Etats-Unis et en Chine, malgré un approvisionnement moins précaire, la faiblesse des taxes sur l’énergie se traduit par des hausses de prix relatives plus importantes. La baisse du pouvoir d’achat n’y est donc pas moins importante qu’en Europe. Dans la zone euro, certains gouvernements ont par ailleurs décidé d’alléger temporairement la taxe sur les carburants. En Espagne et en Italie, les prix à la pompe sont ainsi retombés à des niveaux proches de ceux d’avant-guerre. En Suisse, la hausse des prix de l’essence reste modérée même en l’absence de subventions, notamment en raison de la force du franc. De plus, dans notre pays, les produits énergétiques représentent une part nettement moins importante des dépenses de consommation, soit 5% contre 9% dans la zone euro.

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