Le dollar dans le vert, toujours porté par l’aversion au risque

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La devise américaine grappille 0,20% à l’euro vers 20h30, à 1,1513 dollar, et prend 0,51% à la livre sterling, à 1,3269 dollar.

Le dollar se renforçait légèrement vendredi, dépassant notamment le seuil clé des 160 yens, alors que les investisseurs restent peu convaincus par le report au 6 avril par Donald Trump de la date de son ultimatum pour les frappes sur le secteur énergétique iranien.

Le président américain a assuré jeudi que les discussions avec l’Iran se «passent très bien».

«Mais les marchés n’y croient pas», et ne voient pas de signe de «désescalade ou cessez-le-feu»: face au risque, les prix du pétrole brut et le dollar restent «obstinément élevés», constate Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.

La quasi-paralysie du détroit d’Ormuz se poursuit. Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont forcé trois navires à faire demi-tour dans le détroit, précisant que cette route stratégique était désormais fermée aux navires venant ou à destination de ports liés à «l’ennemi».

Et dans le même temps, la crainte d’une escalade persiste, la Maison Blanche et le ministère de la Défense envisageant d’envoyer au moins 10.000 soldats de combat supplémentaires au Moyen-Orient dans les prochains jours, d’après le Wall Street Journal (WSJ) et le site d’informations Axios.

La devise américaine grappillait 0,20% à l’euro vers 19H30 GMT, à 1,1513 dollar, et prenait 0,51% à la livre sterling, à 1,3269 dollar.

Le billet vert avançait aussi de 0,28% face à la devise japonaise, à 160,26 yens pour un dollar, franchissant le seuil des 160 yens pour la première fois depuis 2024.

Or il s’agit du niveau autour duquel «les autorités sont intervenues pour la dernière fois afin de soutenir la monnaie japonaise» à la peine, rappelle Samara Hammoud, analyste chez CBA.

Pour autant, «la Banque du Japon et le ministère des Finances sont plus sophistiqués que cela», tempère Marc Chandler, de Bannockburn Global Forex, «et je ne pense pas que les conditions d’une intervention soient réunies.»

Pour l’analyste, la glissade de la devise nippone n’est pas liée aux fondamentaux du yen mais à un mouvement d’aversion au risque qui profite au dollar.

Les devises des marchés émergents continuent pour leur part d’»afficher de bonnes performances» relatives à celles des pays développés, malgré le conflit au Moyen-Orient, après avoir déjà bien résisté à la guerre commerciale lancée par Trump l’année dernière, remarque Thu Lan Nguyen, de Commerzbank.

«Cependant, la prudence est de mise», souligne l’analyste, selon qui les devises de pays «présentant des risques budgétaires élevés sont susceptibles de se déprécier davantage», car leurs gouvernements ne pourraient pas mener de façon «soutenable» une politique de soutien de l’économie en parallèle de taux d’intérêt élevés, destinés à lutter contre l’inflation.

L’or rebondissait pour sa part de 3,24% à 4.517,95 dollars l’once, mais restait en baisse de plus de 14% depuis le début de la guerre, les investisseurs préférant engranger des bénéfices sur les métaux précieux pour récupérer des liquidités.

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