Le dollar patine jeudi, bien que les prix du pétrole continuent de monter, les marchés affichant leur scepticisme quant aux négociations dont Donald Trump se targue, mais dont Téhéran continue de nier l’existence.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé à la télévision d’Etat que l’Iran n’a «pas l’intention de négocier» mais de «continuer à résister», tandis que le président américain a assuré que Téhéran participe bien à des pourparlers pour mettre fin à la guerre.
Les marchés fluctuent avec chaque nouvelle information, et «les investisseurs prennent conscience de la forte probabilité que la prolongation de cinq jours accordée par Trump» de l’échéance de son ultimatum avant de frapper l’Iran «expire sans accord», commente Joshua Mahony, de Scope Markets.
Dans l’expectative, la devise américaine était stable (+0,01%) par rapport à la monnaie unique européenne vers 12H05, à 1,1557 dollar pour un euro. Elle grappillait 0,07% vis-à-vis de la livre sterling, et à peine 0,02% contre le yen japonais.
Dans une note particulièrement commentée jeudi, l’analyste Mallika Sachdeva, de Deutsche Bank, projette qu’à plus long terme, le conflit au Moyen-Orient pourrait mettre «à l’épreuve les fondements du régime du pétrodollar», c’est-à-dire du billet vert comme devise dans laquelle est tarifé et facturé l’or noir, ce qui pourrait «avoir des répercussions importantes sur l’utilisation du dollar dans le commerce et l’épargne» et comme «monnaie de réserve mondiale».
Elle imagine la possible émergence d’un «pétroyuan», car «le passage des navires dans le détroit d’Ormuz pourrait être accordé en échange de paiements pétroliers en yuans».
Selon elle, le dollar pourrait perdre encore plus de son hégémonie «si le monde commençait à se détourner du pétrole et du gaz commercialisés à l’échelle mondiale, au profit de sources d’énergie plus résilientes, notamment les carburants disponibles localement, les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire».
De son côté, l’or accentuait sa glissade, lâchant 1,37% à 4444,00 dollars l’once.
«En cas de fluctuations rapides du prix du pétrole, l’or devient une source de liquidités», souligne Stephen Innes, de SPI AM: «il est vendu non pas parce qu’il est indésirable, mais parce qu’il est concrètement utile».
Les cambistes patientaient aussi avant les interventions d’une série de responsables de la Réserve fédérale (Fed): Lisa Cook et Stephen Miran en premier lieu, mais aussi Philip Jefferson et Michael Barr.