Construire l'épine dorsale de l'Europe: investir dans la prochaine vague d'infrastructures

Pierre Debru, WisdomTree

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Le débat sur les infrastructures en Europe va bien au-delà des dépenses liées à la résilience. Les actifs vieillissants doivent être remplacés et modernisés.

 

Lors du sommet de l'OTAN à La Haye en 2025, les Alliés se sont engagés à investir 5% du produit intérieur brut (PIB) dans la défense et la sécurité d'ici 2035, dont jusqu'à 1,5% du PIB pouvant être affecté à la protection des infrastructures critiques et au renforcement de la résilience civile. Cela a contribué à remettre les infrastructures au centre des préoccupations des investisseurs. Mais le débat sur les infrastructures en Europe va bien au-delà des dépenses liées à la résilience. Après des années de sous-investissement, les actifs vieillissants doivent être remplacés et modernisés, tandis que de nouvelles sources de demande, telles que l'électrification et la numérisation, font croître le besoin de nouvelles capacités. Ensemble, ces forces laissent entrevoir un cycle d'investissement soutenu, s'étalant sur plusieurs années, dans les infrastructures énergétiques, de transport et numériques.

Les forces structurelles qui animent les infrastructures européennes

Sous-investissement et vieillissement des actifs: des décennies de sous-investissement ont conduit certaines parties des réseaux électriques, des lignes ferroviaires et des ponts européens à approcher de la fin de leur durée de vie utile. Une grande partie du parc européen de tunnels ferroviaires et de ponts a plus de 50 ans  et l’âge moyen des réseaux électriques en Europe dépasse souvent 40 ans. Le vieillissement des infrastructures nécessite davantage d'inspections et d'entretien et peut limiter la capacité à mesure que l'utilisation augmente. Le remplacement et la modernisation deviennent inévitables, ce qui donne lieu à des programmes de rénovation s'étalant sur plusieurs années. 

De nouvelles infrastructures pour l'avenir de l'Europe: l'Europe a également besoin de nouvelles capacités pour rester compétitive dans un monde en mutation. L'électrification des transports et de l'industrie fait grimper la demande en électricité, tandis que la numérisation ajoute une nouvelle charge. La Commission européenne prévoit une augmentation de la consommation d'électricité de l'UE d'environ 60% d'ici 2030. Les centres de données devraient constituer un facteur important de la hausse de la demande en électricité, renforçant ainsi l'urgence des raccordements au réseau, de son renforcement et de la mise en place de nouvelles capacités de production.

Figure 1: La hausse de la demande en électricité liée à l'IA fait de la capacité du réseau la contrainte limitante


Source: Morgan Stanley, «Powering AI Comes To Europe», 3 décembre 2025. Les prévisions ne constituent pas un indicateur de performances futures et tout investissement est soumis à des risques et à des incertitudes.

Financement politique pluriannuel: les programmes européens et nationaux traduisent les priorités stratégiques en projets financés. Les programmes de financement impliquent des enveloppes budgétaires bien supérieures à 1000 milliards d’euros  sur l’ensemble du cycle. La stabilisation de la volatilité de l’inflation aide à transformer ces budgets en contrats, améliorant ainsi la visibilité des coûts pour les projets de longue durée. L’Allemagne ajoute de l’élan, après avoir assoupli son frein budgétaire et mis en place un fonds spécial de 500 milliards d’euros  pour les infrastructures et la neutralité climatique.

Priorités en matière de sécurité et de résilience: la géopolitique a ajouté une dimension stratégique aux décisions d'infrastructure, parallèlement à l'accent traditionnellement mis sur les coûts et l'efficacité. La déclaration du sommet de La Haye de l'OTAN de 2025 stipule que les Alliés consacreront jusqu'à 1,5% de leur PIB chaque année à la protection des infrastructures critiques et au renforcement de la préparation civile et de la résilience. Au-delà de cela, la reconstruction de l'Ukraine ajoute une option à plus long terme, avec un besoin estimé à 524 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.

Figure 2: Besoins en matière de reconstruction et de relance de l'Ukraine


Source: Banque mondiale, quatrième évaluation rapide des dommages et des besoins (RDNA4), février 2025 ; Rebuild Ukraine. Les prévisions ne constituent pas un indicateur de performances futures et tout investissement est soumis à des risques et à des incertitudes.

Conclusion

Le cycle des infrastructures en Europe passe de la planification à la mise en œuvre, avec un pipeline pluriannuel couvrant les réseaux, l'électrification, les transports et les systèmes énergétiques. Les opportunités d'investissement en actions se concentrent sur les entreprises qui construisent ces actifs et fournissent les équipements et matériaux essentiels.

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