L’inflation au Japon a continué à ralentir en février grâce aux subventions sur l’énergie consenties par le gouvernement, mais pourrait repartir à la hausse en raison de la flambée des cours du pétrole due à la guerre au Moyen-Orient et de la faiblesse du yen.
Les prix à la consommation au Japon ont augmenté le mois dernier de 1,6% (hors produits frais) sur un an, selon des chiffres officiels publiés mardi, après 2% en janvier. Il s’agit de la mesure la plus basse depuis mars 2022.
Comme les deux mois précédents, ce nouvel essoufflement de l’inflation s’explique par des facteurs temporaires, dont une suppression de la taxe sur les carburants mise en place en décembre.
«Ce répit devrait cependant être de courte durée», a estimé Stefan Angrick dans une note de Moody’s Analytics.
«Avec le conflit au Moyen-Orient qui bouleverse les perspectives en matière de prix des matières premières et de croissance, un rebond de l’inflation constitue désormais un risque important», selon lui.
«Les prix du pétrole et du gaz se sont envolés, ce qui pourrait entraîner une hausse des prix de l’énergie dès mars. Une nouvelle glissade du yen s’ajoute aux motifs d’inquiétude», a-t-il poursuivi.
En excluant à la fois les produits frais et l’énergie, l’inflation n’a ainsi ralenti qu’à 2,5% (contre 2,6% en janvier), se maintenant très au-delà de la barre des 2% fixée par la Banque du Japon (BoJ).
«Attention soutenue»
La BOJ avait pronostiqué la semaine dernière un ralentissement «temporaire», mais prédit qu’ensuite, «le rythme de progression (de l’inflation) devrait être tiré à la hausse, subissant l’impact de la récente augmentation des cours du pétrole brut».
Une «attention soutenue» doit être portée aux effets de cette flambée, a-t-elle prévenu.
Abhijit Surya de Capital Economics note de son côté que le gouvernement tente d’atténuer les effets de la flambée des cours du pétrole en plafonnant les prix des produits pétroliers raffinés, et pourrait prolonger ses subventions à l’énergie pour contenir l’inflation énergétique dans les mois à venir.
Hors énergie, les coûts de l’alimentation (hors produits frais) ont encore bondi de 6,2% sur un an en février. Les tarifs du riz ont gonflé d’environ 17%: ces derniers sont très surveillés après avoir flambé en 2025. Et la faiblesse du yen renchérit les produits importés.
Face à cette envolée, la Première ministre Sanae Takaichi a adopté fin 2025 un plan de relance de 117 milliards d’euros pour aider ménages et entreprises, et promet désormais d’exempter les produits alimentaires de la taxe sur la consommation de 8% sur les deux prochaines années.
L’archipel, longtemps guetté par la déflation, est confronté depuis le printemps 2022 à une hausse soutenue des prix à la consommation au-delà de 2%. Pour l’endiguer, la BoJ a entamé en mars 2024 un resserrement de ses taux, après 10 ans de politique monétaire ultra-accommodante.
Face à la flambée du coût de la vie et à la faiblesse chronique du yen, la banque centrale a déjà relevé mi-décembre son taux directeur au plus haut niveau depuis 1995, à 0,75%.
Elle a maintenu le statu quo monétaire la semaine dernière.