Le dollar relâche lundi une partie de ses gains après ce que les investisseurs interprètent comme des signes de désescalade de la guerre au Moyen-Orient, à l’orée d’une semaine rythmée par les décisions de banques centrales.
Les prix du pétrole se sont stabilisés «après que le président Donald Trump a exhorté la communauté internationale à coopérer pour assurer un passage sûr à travers le détroit d’Ormuz», remarque Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill, entraînant avec eux le dollar.
Donald Trump a aussi déclaré dimanche soir avoir des discussions avec l’Iran, ce que Téhéran n’a pas confirmé.
«Mais le conflit est loin d’être terminé, et l’appréciation du dollar pourrait se poursuivre dans les semaines à venir», estime Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Vers 10H40 GMT (11H40 HEC), la devise américaine refluait de 0,48% par rapport à l’euro, à 1,1472 dollar, bien que la monnaie unique européenne soit tombée plus tôt lundi à un nouveau plus bas depuis août 2025, à 1,1411 dollar.
Le billet vert lâchait aussi 0,27% à la livre sterling, à 1,3267 dollar.
Vendredi, il s’était envolé de 0,62% d’après le Dollar Index, qui le compare à un panier d’autres grandes devises.
La devise américaine a gagné environ 2,5% depuis le début du conflit, profitant du fait que le pétrole est libellé en dollars et que les Etats-Unis sont moins dépendant énergétiquement des pays du Golfe que l’Europe ou encore l’Asie.
La crainte d’une poussée d’inflation en raison de l’envolée des prix des hydrocarbures pourrait aussi inciter les banquiers centraux à laisser les taux d’intérêt inchangés plus longtemps.
C’est ce à quoi s’attendent les investisseurs du côté de la Réserve fédérale (Fed), qui se réunit mardi et mercredi, à en croire l’outil de veille CME FedWatch.
Avant même la guerre, en janvier, l’indice d’inflation PCE, indicateur scruté par la Fed et publié vendredi, s’affichait en très léger ralentissement à 2,8% sur un an, supérieur à l’objectif de 2% visé par l’institution monétaire américaine.
Les analystes s’attendent à ce que la Banque centrale européenne (BCE), la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon (BoJ), qui publient leur décision jeudi, maintiennent leur taux directeur inchangés, tout comme la Banque du Canada mercredi.
Avant elles, Banque centrale d’Australie (RBA), qui rend son verdict mardi, «devrait être la première banque centrale du G10 à relever ses taux en réponse à ce choc», projette Lee Hardman, analyste chez MUFG.