Le cours de l’aluminium a nettement progressé cette semaine à la Bourse des métaux de Londres (LME), dopé par la guerre au Moyen-Orient qui bloque notamment les exportations du métal argenté en provenance du Golfe.
«Le Moyen-Orient représentant environ 8% de la production mondiale d’aluminium, toute perturbation autour du détroit d’Ormuz a un impact disproportionné sur la disponibilité» du métal, affirme Thomas Strobel, analyste chez UniCredit.
Les principales compagnies maritimes ont en effet annoncé cette semaine suspendre leurs passages par le détroit d’Ormuz, corridor maritime stratégique qui relie le Golfe au Golfe d’Oman, alors que des attaques ont déjà visé des navires dans le Golfe.
La hausse du cours a surtout eu lieu mardi et mercredi, après que la compagnie énergétique publique qatarie QatarEnergy a annoncé mardi suspendre la production de plusieurs de ces produits, parmi lesquels l’aluminium.
Vers 16H40 GMT (17H40 à Paris), sur le LME, une tonne de métal d’aluminium coûtait 3433 dollars vendredi, après avoir touché 3449,50 dollars au plus haut depuis 2022, contre 3140 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Pour le cuivre et les autres métaux industriels, la guerre au Moyen-Orient fait plutôt baisser les cours en raison des répercussions négatives que pourraient avoir le conflit sur la croissance économique mondiale.
L’or boudé
L’or a perdu du terrain sur la semaine, au profit du dollar, privilégié par les investisseurs comme valeur refuge face au conflit au Moyen-Orient.
Premier producteur de pétrole au monde, les Etats-Unis demeurent moins vulnérables à l’envolée des prix des hydrocarbures que l’Asie ou l’Europe.
La devise américaine est en outre celle utilisée pour négocier l’or noir.
En début de semaine en particulier, «les investisseurs ont vendu sans discernement» or et actions pour «se ruer sur le dollar et l’énergie», explique à l’AFP Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
«La forte hausse des prix du pétrole pourrait alimenter les craintes inflationnistes, contraignant les marchés à revoir à la baisse les anticipations de réduction des taux» de la Réserve fédérale américaine, ce qui plombe davantage l’or, indique aussi à l’AFP Lukman Otunuga, analyste de FXTM.
Par ailleurs, la guerre paralyse l’espace aérien et donc le transport d’or et d’argent en pièces, barres et lingots depuis et vers la plaque tournante qu’est Dubaï, où transite environ 20% des flux mondiaux d’or physique, notamment destinés au marché indien, rapporte le Conseil mondial de l’or (CMO), interrogé mercredi par l’AFP.
La situation perdure en fin de semaine selon des sources anonymes de Bloomberg, qui relate que le métal jaune est proposé à prix fortement cassé (jusqu’à 30 dollars de moins que le cours de référence mondial) à Dubaï, où la guerre cloue les avions au sol.
Vendredi, l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à Londres à 5138,88 dollars, contre 5278,93 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Le cacao un peu plus haut
Les cours du cacao ont un peu progressé cette semaine après la décision de la Côte d’Ivoire de baisser le prix d’achat du cacao aux planteurs, après des semaines de forte baisse.
La Côte d’Ivoire, principal producteur de cacao au monde, a divisé de plus de moitié le prix offert aux planteurs, dans un contexte de forte chute des cours mondiaux et d’une crise de surstockage.
Cette décision a été prise pour permettre la vente des stocks qui s’accumulaient.
Elle suit une décision similaire du Ghana, deuxième producteur mondial de cacao.
«La possibilité que le cacao soit finalement vendu a au moins permis d’envisager un arrêt de la chute des prix», affirme Mark Bowman, analyste chez ADM Investors Services.
La tonne de cacao négociée à New York pour livraison en mai évoluait à 3.199 dollars, contre 2.888 dollars la semaine dernière à la clôture.
A Londres, la tonne de cacao pour livraison le même mois valait 2.304 livres vendredi, contre 2.057 livres une semaine plus tôt en fin de séance.