Les marchés boursiers mondiaux évoluent dans le vert mercredi, les craintes autour de l’intelligence artificielle passant au second plan en attendant les résultats du mastodonte américain Nvidia.
En Europe, les bourses de Paris (+0,47%) et Londres (+1,18%) ont terminé sur de nouveaux records en clôture, après avoir atteint de nouveaux plus hauts en séance. Francfort a gagné 0,76% et Milan 1,11%, alors que Zurich a cédé 0,14%.
«A Francfort, les valeurs liées à l’IA, qui figuraient sur la liste des valeurs à vendre il y a quelques jours à peine», s’inscrivent désormais en hausse, remarque Andreas Lipkow pour CMC Markets. Siemens Energy a gagné 2,05% et Siemens 1,92%.
A New York, vers 16H45, le Dow Jones avançait de 0,38%, l’indice Nasdaq prenait 1,05% et l’indice élargi S&P 500 prenait 0,65%.
Après un début d’année marqué par des doutes sur la monétisation de l’intelligence artificielle, les dépenses d’infrastructure et la soutenabilité du cycle d’investissement, les investisseurs attendent la publication après la clôture de Wall Street des résultats annuels et du quatrième trimestre du mastodonte de la tech Nvidia (+0,67% à Wall Street vers 16H45 GMT).
«Cette publication constitue un événement (particulièrement) important, à la fois en raison du poids de la capitalisation boursière du titre sur le marché et de son rôle central dans le sentiment des investisseurs face aux craintes actuelles liées au thème de l’IA», explique Neil Wilson, analyste pour Saxo Markets.
«Jusqu’à présent, ces craintes se sont davantage concentrées sur les entreprises susceptibles d’être perturbées, mais elles renvoient aussi à la durabilité du déploiement de l’IA et aux fondements économiques de Nvidia», poursuit-il.
Depuis plusieurs semaines, les marchés s’interrogent en effet sur la rentabilité des dépenses colossales des géants de la tech dans le développement de l’IA, qu’ils financent de plus en plus en s’endettant alors qu’ils utilisaient auparavant leur trésorerie.
Les inquiétudes concernent aussi les conséquences du développement de cette nouvelle technologie pour le modèle économique de nombreux secteurs, comme celui des logiciels qui a connu de lourdes déconvenues en Bourse depuis le début de l’année.
«Si Nvidia parvient à afficher des résultats solides et à donner des prévisions optimistes, cela pourrait contribuer à améliorer le sentiment à l’égard du secteur technologique», soutient Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
Les spiritueux titubent
Le géant britannique des boissons alcoolisées Diageo, concurrent du français Pernod Ricard, s’est effondré de 12,75% mercredi à la Bourse de Londres après avoir fait état de performances en berne aux Etats-Unis, notamment sur la tequila et revu à la baisse ses perspectives annuelles.
Dans son sillage, à la Bourse de Paris, Pernod Ricard a perdu 7,93% et le groupe Rémy Cointreau 5,94%.
Les spiritueux ont été secoués sur leurs marchés traditionnels par les guerres douanières, et rencontrent une «moindre facilité» que d’autres secteurs» pour faire passer des hausses de prix pour compenser» les surtaxes, explique Guillaume Chaloin, directeur de la gestion actions de Delubac AM.
Les métaux précieux profitent du flou douanier
Les métaux précieux montent face au manque de clarté sur la politique douanière américaine et aux déclarations du président américain Donald Trump sur l’Iran lors de son discours au Congrès mardi soir.
Vers 16H45 GMT, l’once d’or prenait 1,31% à 5211,13 dollars l’once et celle d’argent 4,12% à 90,7460 dollars.
Côté géopolitique, le président américain a accusé mardi l’Iran de concevoir des armes capables de frapper les Etats-Unis, une accusation démentie par Téhéran.
Sur le plan douanier, des interrogations demeurent autour des accords commerciaux signés ces derniers mois avec les Etats-Unis, après l’annulation des droits de douane par la Cour suprême qui leur ont servi de base, et la nouvelle surtaxe de 10% mise en place par la Maison Blanche.
Dans ce contexte, le dollar perdait 0,26% face à la monnaie unique, à 1,1804 dollar pour un euro.