Les marchés mondiaux évoluent prudemment mardi, dans un marché toujours en proie aux craintes autour de l’intelligence artificielle et des doutes sur les retours sur les investissements massifs dans le secteur.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,54%, Francfort de 0,80%, Londres de 0,79% et Milan de 0,76%. A Zurich, la Bourse suisse a terminé la séance en hausse de 0,71% à 13’752,84 points.
Wall Street restait stable vers 16h45 GMT, l’indice Nasdaq - à forte coloration technologique - était à l’équilibre (+0,01%), le Dow Jones 0,12% et l’indice élargi S&P 500 0,09%, au lendemain d’un jour férié où la Bourse de New York était fermée.
«Les Etats-Unis reviennent dans un climat où les investisseurs ne sont plus enclins au risque», commente Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank, dans un contexte dominé par les craintes autour des investissements massifs dans le secteur de l’intelligence artificielle (IA).
Andrea Tueni, responsable de la relation clients et des activités de marchés de Saxo Bank évoque une séance «poussive» avec des «valeurs de la tech pénalisées côté américain».
«Nous nous trouvons dans un environnement beaucoup plus indécis sur la technologie et l’intelligence artificielle», explique-t-il. «Le secteur des logiciels souffre beaucoup» en ce début d’année.
Les investisseurs doutent de la rentabilité des dépenses colossales des groupes de la tech dans l’IA, qu’ils financent de plus en plus en s’endettant, quand auparavant ils utilisaient leur propre trésorerie.
Dans le même temps, ils s’inquiètent des conséquences de l’IA sur le modèle économique de nombreuses activités, celui des logiciels particulièrement, qui a connu de fortes déconvenues sur les marchés ces dernières semaines.
Côté agenda, les marchés attendent les publications vendredi de «l’indice d’inflation américain +PCE+ ainsi que le PIB des Etats-Unis pour le quatrième trimestre», notent les économistes de Deutsche Bank.
Le marché prendra aussi connaissance mercredi du compte-rendu de la dernière réunion du comité monétaire de la Réserve fédérale (FOMC).
La bataille pour Warner se poursuit
Le groupe de cinéma et de télévision américain Warner Bros a finalement ouvert mardi sept jours de discussions avec son concurrent Paramount, qui le courtise depuis décembre, mais continue de se préparer à convoler avec le géant du streaming Netflix.
La saga du rachat de WBD dure depuis plusieurs mois, opposant les deux géants du divertissement Netflix et Paramount. Fin octobre, Warner s’est officiellement dite ouverte aux offres de rachat avant d’annoncer, début décembre, un accord avec Netflix.
Warner réitère dans l’immédiat sa préférence pour l’offre de rachat de Netflix et annonce que l’assemblée générale extraordinaire lors de laquelle ses actionnaires devront trancher sur l’opération se tiendra le 20 mars.
A Wall Street, vers 16h45 GMT, WBD prenait 2,61%, Paramount 5,77%, quand Netflix perdait 0,20%.
Métaux précieux et minières dans le rouge
L’or a commencé la semaine en repli et perdait encore 2,23% mardi vers 16H45 GMT, pour s’établir à 4.880,84 dollars l’once. De son côté, l’argent cédait 3,83% à 73,68 dollars l’once.
«Bien que les récents replis aient attiré certains acheteurs, les prix restent nettement en dessous des sommets du mois dernier», commente Fawad Razaqzada, analyste de marché chez Forex.com.
«Cela laisse place à une faiblesse à court terme, les investisseurs réduisant leurs positions de valeur refuge et prenant leurs bénéfices alors que les valorisations demeurent historiquement élevées», explique-t-il.
Patrick Munnelly note par ailleurs que «les sociétés minières de métaux précieux ont également baissé en raison d’un moindre intérêt pour les actifs refuges».
A Londres, le titre du producteur d’or et d’argent mexicain Fresnillo a perdu 2,15%, et le groupe canadien Endeavour Mining 4,23%.
Le pétrole indécis
Les cours du pétrole sont retombés mardi, à la suite de nouveaux pourparlers entre l’Iran et les Etats-Unis, le chef de la diplomatie iranienne ayant affirmé que Téhéran et Washington s’étaient entendus mardi lors de pourparlers en Suisse sur «un ensemble de principes directeurs» qui pourraient ouvrir la voie à un possible accord pour régler leurs différends.
Vers 16h45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord perdait 2,08% à 68,65 dollars et le WTI américain cédait 0,99% à 62,27 dollars.
Plus tôt dans la séance, les prix de l’or noir étaient remontés en raison de l’annonce par Téhéran de la fermeture partielle du détroit d’Ormuz pour cause d’exercice militaire.