Les Bourses européennes ont terminé sans éclat lundi, faute de catalyseur en raison d’un jour férié à Wall Street. Le secteur des logiciels a continué de souffrir des inquiétudes croissantes des investisseurs concernant l’impact de l’IA sur leur modèle économique.
Paris (+0,06%) et Milan (-0,03%) ont fini à l’équilibre, Londres a grappillé 0,26%. Francfort a cédé 0,46%. Quant à la Bourse suisse, elle a vu son indice phare SMI s’octroyer 0,41%. La séance s’est déroulée en l’absence des investisseurs américains, la Bourse de New York restant fermée en raison d’un jour férié aux Etats-Unis.
Seul point notable du jour: la production industrielle a reculé de 1,4% sur un mois en zone euro en décembre, sous les attentes des analystes cités par Factset, qui tablaient sur une baisse de seulement 0,50%, selon des chiffres officiels publiés lundi. Plus tard dans la semaine, plusieurs publications économiques sont attendues, dont l’inflation au Royaume-Uni (mercredi) et aux Etats-Unis (vendredi), ainsi que le PIB américain (vendredi).
Mercredi, les investisseurs prendront aussi connaissance du compte rendu de la dernière réunion du comité monétaire de la Réserve fédérale (Fed). Du côté des résultats, ceux de Walmart, géant américain de la distribution, jeudi, seront «particulièrement surveillés car ils donneront une indication sur l’état de la consommation aux Etats-Unis», relève Charlotte de Montpellier, cheffe économiste à ING.
Cela «est un vrai point d’attention, dans une économie américaine en +K+, c’est à dire dans laquelle les plus aisés portent pour le moment une grosse partie de la consommation et de la croissance», ajoute-t-elle.
Côté change, le dollar grappillait 0,12% face à l’euro, à 1,8680 dollar pour un euro.
Les logiciels toujours plombés par l’IA
«Le thème de l’intelligence artificielle influe encore les marchés», relève Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets. Les investisseurs doutent de la rentabilité des investissements massifs des groupes de la tech dans l’IA, qu’ils financent de plus en plus en s’endettant, quand auparavant ils utilisaient leur propre trésorerie.
Dans le même temps, ils s’inquiètent de l’impact de l’IA sur le modèle économique de nombreuses activités, celui des logiciels particulièrement, qui a connu de fortes déconvenues sur les marchés ces dernières semaines. «Il y a un vrai manque de visibilité sur qui seront les gagnants et les perdants de la vague de l’IA», selon Charlotte de Montpellier. Dans le doute, les acteurs du marchés se défont de ces titres.
Ce lundi, le secteur a ainsi continué de reculer. A Paris, Dassault Systèmes a perdu 10,44% et Capgemini 3%. A Francfort, SAP a cédé 1,96%. A Amsterdam, Wolters Kluwer a reculé de 3,65% et à Londres, Sage Group 2,65%. En quatorze jours, «les marchés ont effacé plus de mille milliards de dollars de valeur boursière, craignant que l’IA bouleverse en profondeur les modèles économiques et réduise la rentabilité d’un large éventail de secteurs», a résumé Jim Reid, chef économiste de Deutsche Bank.
Outre les logiciels, les investisseurs s’inquiètent pour «les services juridiques, le conseil informatique, la gestion de patrimoine, la logistique, l’assurance, le courtage immobilier et l’immobilier commercial», a-t-il énuméré.
L’or fléchit, le pétrole immobile
L’or cédait 1,06% vers 17h50, à 5042,05 dollars l’once, et l’argent abandonnait 1,25%, à 77,41 dollars l’once.
Sur le marché de la dette, le rendement de l’emprunt allemand à dix ans, référence en Europe, était à 2,75%, au même niveau que vendredi.
Le marché pétrolier était en hausse, continuant de surveiller les discussions entre l’Iran et les Etats-Unis. Le baril de WTI nord-américain s’échangeait à 63,66 dollars (+1,22%) et celui de Brent de la mer du Nord à 68,49 dollars (+1,09%).