Les bourses mondiales évoluent en nette baisse jeudi, dans l’attente de nouveaux chiffres d’inflation aux Etats-Unis vendredi, et malgré de nombreux résultats d’entreprises bien accueillis en Europe, où les marchés avaient progressé la majeure partie de la séance.
Après une ouverture en légère hausse, les indices de Wall Street se sont progressivement retournés: vers 17H00 GMT, le Dow Jones perdait 1,10%, le Nasdaq, à forte composante technologique, lâchait 1,56%, tandis que le S&P 500 baissait de 1,15%.
Les bourses new-yorkaises poursuivent une semaine ponctuée de plusieurs indicateurs macroéconomiques, entre ventes au détail mardi, chiffres sur l’emploi mercredi et avant les chiffres sur l’inflation attendus vendredi.
Dans ce contexte, et dans la foulée de la publication des indicateurs, «le marché peut passer d’une interprétation à une autre en quelques heures», affirme Alexandre Baradez, responsable de l’analyse des marchés à IG France.
Jeudi, vers 15H00 GMT, les ventes de logements existants se sont avérées plus faibles que prévu: «elles ont reculé de 8,4%», note Alexandre Baradez, qui voit dans la publication de cet indicateur une raison possible du retournement des Bourses américaines.
Avec les chiffres des ventes au détail publiés mardi, eux aussi inférieurs aux attentes, cela fait «un deuxième indicateur macroéconomique cette semaine» avec un résultat «médiocre», susceptible de refroidir les investisseurs, explique Alexandre Baradez.
«Cela remet une pièce dans la machine sur le sujet de la baisse des taux», poursuit le spécialiste, pour qui les chiffres de l’inflation américaine pourraient être «le juge de paix» de cette série d’indicateurs.
Du côté du marché obligataire, le rendement à dix ans des emprunts américains était en baisse, à 4,12%, contre 4,17% la veille. Son équivalent allemand, référence en Europe, signait une baisse plus modeste, à 2,78%, contre 2,79% la veille.
En Europe, après une majeure partie de la séance passée dans le vert, les indices du Vieux Continent se sont eux aussi retournés - hormis Paris - malgré de multiples résultats d’entreprises accueillis favorablement en début de séance.
Paris, qui a franchi pour la première fois de son histoire la barre des 8400 points en séance, a clôturé en légère hausse (+0,33%), quand Francfort est resté stable (-0,01%), tandis que Londres a terminé en baisse (-0,67%), après avoir elle aussi dépassé son plus haut historique dans la matinée, à 10'535,76 points.
Les nombreux résultats d’entreprises publiés avant l’ouverture des bourses européennes ont longtemps porté les indices européens.
A Zurich, la Bourse suisse a bouclé en repli de 0,13% à 13’539,92 points.
Sanofi sanctionné
Le directeur général de Sanofi, Paul Hudson, quittera ses fonctions le 17 février, le conseil d’administration du groupe ayant décidé mercredi de ne pas renouveler son mandat d’administrateur, a annoncé jeudi le géant pharmaceutique mondial.
Belén Garijo a été nommée directrice générale par le conseil d’administration. «Elle prendra ses fonctions à l’issue de l’assemblée générale du groupe qui se tiendra le 29 avril 2026», a ajouté Sanofi.
Ces mouvements n’ont pas plu au marché, qui a sanctionné le titre, en baisse de 4,19% à la clôture.
McDonald’s en forme
Le groupe américain de restauration rapide McDonald’s (+2,15%, à 330,15 dollars) évoluait dans le vert grâce à une accélération de son activité au quatrième trimestre, en particulier aux Etats-Unis. Le groupe a aussi annoncé qu’il prévoyait d’ouvrir davantage de restaurants cette année.
Le chiffre d’affaires a progressé de 9,7% sur un an, à 7 milliards de dollars, selon un communiqué publié mercredi, contre 6,9 milliards estimés par les analystes.
Le pétrole en baisse
Le marché pétrolier garde un oeil sur les tensions entre l’Iran et les Etats-Unis.
Vers 17H00 GMT, le baril du brut WTI nord-américain perdait 2,94% à 62,73 dollars et celui du Brent de la mer du Nord lâchait 2,87%, à 67,41 dollars.