Les obligations convertibles à la conquête de l’espace

Nicolas Schrameck, Ellipsis AM

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Porté par un soutien public massif et des cas d’usage en forte expansion dans le secteur privé, le secteur spatial entre dans une phase d’industrialisation accélérée.

 

Derrière l’intelligence artificielle, le secteur spatial aura été le secteur le plus en vogue de 2025, porté par des avancées technologiques majeures et un regain d’intérêt étatique pour le secteur. L’économie spatiale, estimée aujourd’hui à un peu moins de 700 milliards de dollars, pourrait croître de 9% sur les 10 prochaines années pour atteindre près de 1'800 milliards de dollars d’ici 2035, selon le Forum Economique Mondial. Une croissance d’ores et déjà soutenue par les obligations convertibles.

L’année 2025 aura été marquée par de nombreux plans de soutien à l’économie spatiale. En Europe, la Commission européenne a promis de consacrer près de 131 milliards d'euros à la défense et à l’espace dans le prochain cycle budgétaire de 2028-2034, soit cinq fois plus que lors du budget précédent. En parallèle, la Commission européenne a également publié son «EU Space Act», afin d’harmoniser le cadre réglementaire pour les activités spatiales dans l’ensemble de l’Union et ainsi faciliter l’accès au marché pour les entreprises et start-ups du secteur.

Outre-Atlantique, la nomination de l’homme d’affaires Jared Isaacman à la tête de la NASA marque la volonté des Etats-Unis de se tourner vers le secteur privé pour mener à bien les futures missions d’intérêt national, dont la construction d’une centrale nucléaire sur la Lune d’ici 2030. Le remplacement de l’ISS d’ici 2030 sera également attribué au secteur privé, travaillant d’ores et déjà sur ce marché public de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Le «Golden Dome», projet de défense du territoire américain au travers de multiples technologies spatiales, estimé à 175 milliards de dollars selon l’administration Trump et à plus de 800 milliards de dollars selon Bloomberg, offre un soutien colossal à l’économie spatiale.

Pour accompagner le développement de cette économie d’avenir, les obligations convertibles se sont imposées comme un levier de financement clé pour les acteurs cotés. En 2025, ce sont près de 3 milliards de dollars d’obligations convertibles en lien avec la thématique spatiale qui ont été émises.


Source: Bloomberg au 09/01/2026. Les noms et valeurs sont cités à titre indicatif.

 

Une dynamique qui devrait perdurer en 2026, alors que la potentielle IPO de SpaceX, à près de 1'250 milliards de dollars en juin 2026, devrait permettre au secteur spatial d’entrer dans une tout autre dimension. Pour les entreprises du secteur, l’émission d’obligations convertibles constitue un choix de financement stratégique. Ces acteurs font face à des besoins de capex élevés, alors même que l’accès au marché obligataire classique leur est souvent limité. Les obligations convertibles offrent une alternative pertinente. En effet, ces sociétés bénéficient souvent de contrats gouvernementaux de long terme qui apportent une visibilité sur les revenus, soutenant ainsi leur capacité de remboursement. Dès lors, même en cas de déception sur la performance boursière, la valeur de la composante obligataire demeure protégée par ces contrats. Une double facette unique aux obligations convertibles.

Au-delà des contrats gouvernementaux, les nouvelles technologies de communications satellitaires et d’imagerie terrestre à très haute fréquence offrent leur lot d’innovations au secteur privé. L’analyse en quasi-temps réel de l’évolution des cultures et l’optimisation des récoltes pour le monde agricole, la gestion des risques climatiques pour le secteur de l’assurance ou encore l’analyse satellitaire des sols pour le secteur minier et de l’énergie.

Porté par un soutien public massif et des cas d’usage en forte expansion dans le secteur privé, le secteur spatial entre dans une phase d’industrialisation accélérée. En conciliant visibilité budgétaire publique et innovation privée, les obligations convertibles, moteur de cet essor, offrent un couple rendement-risque optimal pour naviguer dans cette nouvelle frontière de la Tech.

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