Takaichi fait le bonheur de la bourse

Lilian Haag, DWS

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Après la victoire écrasante du Parti libéral-démocrate (PLD) de la première ministre Sanae Takaichi dimanche, les marchés boursiers japonais ont fortement progressé en début de semaine.

«Avec cette majorité surprise des deux tiers à la Chambre basse, la première ministre dispose d'une marge de manœuvre considérable, car en cas de doute, elle peut également gouverner contre la Chambre haute», explique Lilian Haag, gestionnaire de fonds pour les actions mondiales chez DWS. Cette base de pouvoir solide réjouit la Bourse, car Takaichi a annoncé une politique de renforcement de l'industrie high-tech nationale face à la concurrence chinoise et souhaite parallèlement augmenter le budget de la défense à 2% du produit intérieur brut. En conséquence, les valeurs des secteurs de l'informatique, des semi-conducteurs et de l'armement ont été très demandées lundi. «Ces projets, ainsi que la baisse de la TVA sur les denrées alimentaires, dont les prix ont récemment fortement augmenté, doivent être financés d'une part par de nouvelles dettes et d'autre part par la réduction de la bureaucratie. La première ministre n'a certes pas encore donné de détails à ce sujet, mais après 30 ans de gouvernement par l'ancienne coalition entre le PLD et le Komeito, la bureaucratie ministérielle offre sans doute la marge de manœuvre la plus grande pour cela», explique la gestionnaire de fonds.

Outre une politique budgétaire plus expansionniste, Takaichi est également partisane d'une politique monétaire plus souple afin de soutenir l'économie d'exportation japonaise grâce à un yen plus faible. «Cependant, la ministre des Finances, Satsuki Katayama, a récemment fait savoir, notamment par le biais d'une intervention de la Banque du Japon, qu'elle considérait un taux de change supérieur à 160 yens pour un dollar comme inacceptable. C'est là qu'intervient le pragmatisme de Takaichi: la première ministre n'impose pas sa politique à la force du poing. Elle communique plutôt de manière très intensive avec toutes les parties concernées, en particulier le ministère des Finances», explique M. Haag. À cet égard, on peut dire que ce sont finalement les marchés obligataires et monétaires qui s'opposent à elle. Avec l'arrivée au pouvoir de cette nouvelle femme forte à Tokyo, le moment est-il venu pour les investisseurs d'investir sur le marché boursier japonais? «D'un côté, les perspectives sont actuellement très bonnes, en particulier pour les secteurs des technologies de l'information, des semi-conducteurs et de l'armement. D'un autre côté, le marché n'est plus bon marché. Un recul pourrait donc être une bonne occasion d'entrer sur le marché», explique la gestionnaire de fonds.

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