Les bourses mondiales évoluent avec entrain lundi, saluant une hausse surprise de l’activité manufacturière aux Etats-Unis et rassurées sur le secteur de l’intelligence artificielle, après l’annonce d’une levée de fonds massive d’Oracle, le géant du «cloud» (informatique dématérialisée).
En Europe, Paris a pris 0,67%, Francfort 1,05% et Londres 1,15%. Milan a gagné 1,05%. La Bourse de Madrid (+1,31%) a elle clôturé pour la première fois de son histoire au-dessus des 18’000 points. A Zurich, la Bourse suisse a clôturé en hausse de 1,67% à 13’409,11 points.
A New York vers 16h50 GMT, le Nasdaq, à forte coloration technologique, prenait 0,50%, le S&P 500 0,44% et le Dow Jones 0,83%.
Les investisseurs ont salué le rebond de l’activité dans l’industrie aux Etats-Unis, signe d’une croissance résiliente et solide dans la première économie mondiale.
L’indice ISM manufacturier a atteint 52,6, au plus haut depuis 2022, alors que le consensus d’analystes cités par Factset tablait sur 48,9.
Ces résultats «révèlent un secteur manufacturier qui non seulement se stabilise mais qui accélère», relève Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier AM.
Le taux de rendement des obligations américaines a augmenté dans le sillage de cette information, car les investisseurs estiment que la Réserve fédérale américaine (Fed) aura moins besoin de baisser ses taux d’intérêt pour soutenir l’activité économique.
Vers 16H50 GMT, le rendement de l’emprunt américain à échéance dix ans atteignait 4,27%, contre 4,24% vendredi en clôture.
Oracle rassure la tech
«Les investisseurs ont été rassurés par l’annonce d’Oracle, après une récente nouvelle montée des inquiétudes sur une bulle de l’intelligence artificielle (IA). Oracle est l’entreprise de la tech la plus sensible au risque d’endettement sur l’IA et donc cette annonce a un effet positif sur l’ensemble des marchés», explique David Kruk, responsable du trading de La Financière de l’Échiquier, interrogé par l’AFP.
Le géant de l’informatique à distance Oracle (+2,47% à 168,68 dollars) est un acteur central de l’écosystème du développement de l’intelligence artificielle, un moteur des marchés financiers. Mais il est souvent présenté comme un maillon faible, en raison de son endettement record.
Or, le groupe a rassuré les marchés lundi, en annonçant lever entre 45 et 50 milliards de dollars en 2026 afin de développer des capacités supplémentaires pour répondre à la demande de ses clients.
Les investisseurs attendent aussi les publications des résultats des géants technologiques AMD mardi, Alphabet mercredi puis Amazon jeudi.
Reflux pour l’or et l’argent
Vers 14H55 GMT, l’or refluait de 4,36% à 4.681,02 dollars l’once et l’argent chutait de 7,37%, à 78,91 dollars. Ils ont respectivement perdu plus de 13% et 30% de leur valeur depuis jeudi.
Ces deux métaux bondissaient depuis plusieurs mois, «car ils sont devenus des +fourre-tout+: valeur refuge contre le risque géopolitique, valeur refuge contre la baisse du dollar, anticipation de nouvelles baisses de taux de la banque centrale américaine (Fed) avec la pression politique de la Maison-Blanche» entre autres raisons, explique Alexandre Baradez, responsable de l’analyse des marchés chez IG France.
Mais une partie de ces risques a semblé s’atténuer vendredi quand le président américain a choisi pour diriger la Fed Kevin Warsh, jugé plus conventionnel que les candidats précédemment pressentis. Ce choix doit encore être confirmé par le Sénat américain.
Le billet vert en profitait, prenant 0,38% par rapport à l’euro, à 1,1806 dollar pour un euro.
Le pétrole en net repli, le bitcoin s’effondre
Les cours du pétrole reculent fortement après que Donald Trump a exprimé sa volonté de trouver un accord avec l’Iran qu’il menace d’une intervention militaire.
Vers 16H45 GMT, Le baril de WTI nord-américain lâchait 4,92% à 62,00 dollars et celui de Brent de la mer du Nord cédait 4,59% à 65,21 dollars.
Le bitcoin est lui brièvement retombé lundi sous la barre des 75.000 dollars, à des niveaux comparables à ceux précédant l’élection de Donald Trump, plombé par le retard pris par une législation américaine en faveur des cryptomonnaies.
«Les progrès attendus concernant cette loi n’ont pas été au rendez-vous», estime James Butterfill, analyste pour CoinShares, ce qui constitue un «frein» pour le prix des cryptommonnaies.
Puma rugit
Le fabricant d’articles de sport Puma a bondi de 8,04% à 23,38 euros à Francfort, après avoir annoncé lundi la séparation des activités jusqu’ici regroupées de running et d’entraînement, cette dernière devant être désormais pilotée de manière autonome depuis le siège.