Les cours de l’or et de l’argent sont en chute libre vendredi, plombés par la décision de Donald Trump de proposer Kevin Warsh pour prendre la tête de la Réserve fédérale (Fed), une annonce qui profite au dollar.
Après avoir dégringolé de plus de 12%, l’once d’or reculait de 8,53% à 4916,72 dollars vers 19H45 GMT.
Même pendant la crise financière de 2008 une telle chute en séance n’avait pas été observée, selon Bloomberg.
L’argent dévissait lui de 26,32% à 85,2634 dollars l’once. A son plus bas du jour, le cours du métal a chuté de plus de 35%.
«Les traders se sont rués sur les métaux ces derniers jours (et semaines), les craintes liées au risque rendant le dollar moins attractif en tant que réserve de valeur», relèvent les analystes de Monex USA.
«Cependant, les métaux ont été contraints de renoncer à leurs gains importants (...) en partie grâce à la nomination de Kevin Warsh», ajoutent-ils.
Donald Trump a choisi vendredi cet habitué des milieux d’affaires pour briguer le poste de président de la banque centrale américaine.
Cette décision «annonce une politique crédible mais flexible: cet ancien gouverneur de la Fed est connu pour ses positions de faucon (favorable à une politique monétaire restrictive, ndlr) mais a récemment fait valoir que la banque centrale avait besoin d’un +changement de régime+ et d’une orientation vers des taux plus bas», commente Kevin Ford, de Convera.
Pour être effective, la nomination de M. Warsh devra être confirmée par le Sénat américain.
Le désintérêt pour les métaux s’explique aussi parce que «les investisseurs cherchent à réaliser des bénéfices» après une progression spectaculaire des cours, explique Aarin Chiekrie, analyste chez Hargreaves Lansdown.
Le décrochage de l’argent ne fait ainsi retomber le métal qu’à un plus bas depuis trois semaines.
Vendredi marque aussi le dernier jour d’échanges du mois et l’expiration d’un certain nombre d’options, ce qui explique également la radicalité des mouvements.
Pour sa part, «le dollar s’est (...) raffermi grâce à la crédibilité perçue d’un initié expérimenté» pour diriger la Fed dans les prochaines années, souligne Kevin Ford.
Vers 19H45 GMT, la devise américaine reprenait 0,79% à l’euro à 1,1877 dollar et 0,75% à la livre sterling, à 1,3706 dollar.