Les exportations de montres suisses ont renoué avec une évolution positive en décembre, de 3,3% à 2,1 milliards de francs, après quatre mois consécutifs d’importants reculs. Et cela grâce aux envois vers les Etats-Unis, premier débouché, qui ont fortement progressé, de 19,1% à 412 millions de francs.
Ce redressement porte le total annuel des exportations de garde-temps ‘made in Switzerland’ l’an passé à 25,6 milliards de francs, soit un repli de 1,7% par rapport à 2024, communique jeudi la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH).
La FH soutient que c’est l’abaissement des droits de douane étasuniens à l’encontre de la Suisse de 39% à 15% en novembre, qui a fait remonter les envois à destination du pays de l’Oncle Sam. Depuis août, mois où des taxes de 39% avaient été introduites, elles avaient vigoureusement décliné.
Sur l’ensemble de l’année, les exportations vers les Etats-Unis ont diminué de 0,5%, à 4,35 milliards de francs, précise-t-elle. Et cela, «malgré une volatilité extrême au cours de l’année liée aux annonces de droits de douane, aux anticipations et aux corrections ultérieures», note le spécialiste en horlogerie de la banque Vontobel, Jean-Philippe Bertschy.
La France s’affiche comme deuxième débouché en décembre, avec une croissance qualifiée de spectaculaire, de 50,8% à 153,9 millions de francs, inversant la tendance négative observée jusque-là.
À l’inverse, Hong Kong (-8,0%), la Chine (-6,8%), le Japon (-1,9%), les Emirats arabes unis (-5,2%), ainsi qu’en Europe, l’Allemagne (-20,8%) et l’Italie (-20,1%) ont enregistré des baisses.
Singapour (+13,0%) et le Royaume-Uni (+9,3%) ont, pour leur part, maintenu une dynamique de progression soutenue.
Les montres abordables cartonnent
La performance a été portée par les montres dont le prix export dépasse 3000 francs, qui ont connu une augmentation de 2,1%. Mais tous les autres segments de prix ont également affiché une évolution positive.
Les montres situées dans la fourchette de prix comprise entre 200 et 500 francs ont connu la plus forte croissance, de 20,6%, «bénéficiant d’un effet de base favorable», souligne la FH.
Les garde-temps bimétalliques, dont les exportations ont grossi de 41,2% à 431,8 millions de francs, ont soutenu la progression en termes de valeur, tandis que l’ensemble des autres catégories de matériaux a accusé un fléchissement, l’acier lâchant par exemple 5,9% et les autres matières 7,9%.
Quant aux volumes, ils ont été tirés par les montres en acier, avec une évolution positive de 9,0%. Le nombre total de pièces exportées s’est ainsi élevé à 1,4 million en décembre, gagnant 7,6%. Sur l’ensemble de l’année, les volumes ont toutefois continué à s’amenuiser, perdant 4,8% à 14,6 millions.
La tendance «valeur plus élevée, volume plus faible», qui a caractérisé la normalisation post-pandémique, se poursuit, analyse Jean-Philippe Bertschy.
«Faiblesse sous-jacente sous-estimée»
Sur l’ensemble de l’année, «au-delà de 3000 francs, les exportations ont reculé de 2,4% en valeur et de 6,7% en unités, reflétant un soutien soutenu des prix/mix, mais une nette normalisation des volumes dans le haut de gamme», souligne-t-il.
L’expert relève en outre que les chiffres annoncés «sous-estiment considérablement la faiblesse sous-jacente une fois que l’on exclut le segment haut de gamme du marché». En excluant les montres coûtant plus de 20’000 francs, il estime ainsi que les exportations horlogères ont chuté d’environ 7% en 2025, contre une baisse annoncée de 1,7%.
«Cet écart illustre l’impact dévastateur sur un large éventail de marques et de fournisseurs, dont beaucoup continuent d’affirmer que leurs affaires se portent bien. Sur deux ans, nous estimons une baisse d’environ 15% pour l’industrie, hors segment ultra-haut de gamme.»
Vers 09h05 à la Bourse suisse, la porteur Swatch avançait de 0,5% dans un marché de référence SLI perdant 0,3%, alors que la nominative Richemont reculait de 0,4% dans un marché SMI en retrait de 0,5%.