Le premier groupe bancaire allemand Deutsche Bank a publié jeudi un bénéfice imposable 2025 record, affirmant avoir atteint tous ses objectifs, tandis qu’il fait face à de nouveaux soupçons de blanchiment révélés mercredi.
Avant de commenter ces gains historiques devant la presse, le patron de la banque, Christian Sewing, est revenu sur les perquisitions menées la veille au siège à Francfort et à Berlin par la justice allemande.
«D’après les informations dont nous disposons, celles-ci concernent des transactions effectuées entre 2013 et 2018», a indiqué le dirigeant qui s’exprimait pour la première fois sur le sujet.
Le point de départ «est une déclaration de soupçon de blanchiment d’argent qui aurait été déposée tardivement», comme l’a expliqué le parquet de Francfort la veille.
La banque coopère «pleinement avec les autorités» mais ne veut pas s’exprimer davantage sur le sujet, a-t-il conclu.
Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, l’enquête viserait l’oligarque russe sanctionné par l’UE Roman Abramovitch.
Recentrage sur l’Europe
Deutsche Bank a présenté ses résultats 2025 «à la fin d’un autre mois marqué par des évolutions politiques dont personne ne peut encore évaluer sérieusement les conséquences», concernant le Venezuela et l’Iran, comme les relations transatlantiques, a souligné M. Sewing.
«Dans de telles périodes d’incertitude, la stabilité prend d’autant plus de valeur, et Deutsche Bank offre justement cette stabilité», a-t-il souligné.
L’an passé, Deutsche Bank a enregistré un résultat imposable à 9,74 milliards d’euros, en hausse de 84% par rapport à 2024, année marquée par le coûteux règlement d’un ancien litige avec les actionnaires de sa filiale Postbank.
Le résultat net, part du groupe, a atteint également un record à 6,1 milliards d’euros, multiplié par 2,3 sur un an.
L’établissement au logo bleu récolte année après année les fruits d’un recentrage sur ses racines européennes, décidé en 2019, en sabordant des activités trop risquées et gourmandes en capital dans la banque d’investissement, jadis son moteur mais source de déboires judiciaires et de pertes à répétition.
Taux d’intérêts à la baisse
Les revenus ont progressé pour la cinquième année consécutive, à 32,1 milliards d’euros, en hausse de 7% sur un an, quand la banque visait 32 milliards d’euros.
Dans un contexte de baisse des taux d’intérêt, les revenus ont reculé dans la banque des entreprises, mais augmenté nettement sur les marchés des devises et des produits de taux, ainsi que dans la gestion d’actifs via la filiale DWS.
La rentabilité sur capitaux tangibles (RoTE) s’établit à 10,3%, légèrement mieux que les 10% visés par l’établissement.
Le montant ajusté des charges ressort en baisse annuelle d’1% pour s’établir à 20,3 milliards d’euros, là encore de manière conforme aux objectifs.
L’an dernier la banque s’est séparée d’environ 2000 personnes dans la banque de détail en réponse à une rentabilité insuffisante. Ses effectifs totaux à fin décembre, à 89,9 milliers de salariés, sont restés constants sur un an.
Les actionnaires vont profiter de ces bons chiffres en recevant un dividende d’un euro par action, en hausse de 50% sur un an.
A la Bourse de Francfort, le titre cédait 2,42% à 10h10.