Gonet: l'actualité des marchés au 28 janvier

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,83%, S&P 500 +0,41%, Nasdaq +0,91%, Russell +0,26%, SOX +2,4%, Eurostoxx +0,62%, SMI +0,56%.

Il y a littéralement quelques jours le monde s’inquiétait d’une guerre potentielle autour du Groenland, tandis que le marché prenait ombrage de potentiels droits de douane supplémentaires appliqués par les Etats-Unis. Hier soir le S&P500 (SPX) atteint un nouveau record historique à la cloche et regarde désormais le niveau de 7000 points dans le blanc des yeux.

Je crois que je ne m’habituerai jamais à la capacité du marché à passer de la déprime la plus totale à une quasi-euphorie.

Nouveau plus haut de tous les temps donc pour l’indice phare de Wall-Street hier soir, le SPX est porté par la tech, les utilities et l’énergie. Les mastodontes de la tech se portent bien, surtout Amazon (AMZN +2,63%), Broadcom (AVGO +2,44%), Microsoft (MSFT +2,19%) et Apple (AAPL +1,12%). On se positionne probablement en vue des résultats de Microsoft, Meta et Tesla ce soir après 22 heures CET. D’ailleurs cela fait 5 séances consécutives que la tech est recherchée, il ne faut manifestement pas l’enterrer trop vite, n’est-ce pas ASML? Qui vient d’annoncer ses trimestriels ce matin, la firme de Veldhoven (Pays-Bas) annonce des commandes tout simplement deux fois plus importantes que prévu ainsi qu’un plan massif de rachat d’actions propres, du coup c’est tout le Nasdaq, son future en tête, qui est en émoi, ASML fabrique les machines qui produisent des puces rappelons-le, point besoin d’être le père Fouras pour comprendre que si elle se porte bien, c’est toute la chaine qui pourrait être en grande forme, quelques réponses ce soir après la clôture du NYSE donc, mais le sentiment général est au beau fixe ce matin, ce d’autant que le président des Etats-Unis déclare hier que «le dollar se porte à merveille», il n’est donc pas contre son affaiblissement, le marché des Forex envoie sans vergogne la paire EUR/USD à 1,2000, on en reparle.

Les volumes d’échanges ralentissent Downtown Manhattan, le breadth du jour est nettement positif sur le NDX, légèrement négatif sur le SPX, probablement la faute au vénérable Dow Jones qui se prend les pieds dans le tapis à cause de United Health (UNH – 19,61%), la firme annonce prévoir une baisse de son chiffre d’affaires en 2026, la première contraction annuelle en plus de 30 ans, alors qu’elle peine à regagner la confiance des investisseurs. En parallèle, lundi soir les Etats-Unis proposent de suspendre les activités de paiements aux régimes d’assurances maladie privées. La volatilité reste dans le rang, le VIX ne bouge guère, il évolue actuellement à 16,35. Côté obligataire, le rendement du 10 ans US est aussi assez tranquille, ce matin à 4,23%, rapide coup d’œil au 10 ans JGB, qui lui aussi est stable à 2,23%. Je note que l’indice S&P500 équipondéré (SPW), recule de 0,15% hier, il valide donc l’idée que c’est bien la tech qui mène le bal des taureaux. Et dire que le SPX semble loin d’être suracheté… chez le NDX c’est pareil, les ours doivent prier pour que les résultats des 7 magnifiques soient tièdes, au vu de ce qu’ASML nous a dit ce matin, cela sent le roussi pour les plantigrades.

Avant de nous pencher au chevet du billet vert, résumons la situation: le SPX est au firmament, la macro vous salue bien, tout comme les résultats de sociétés qui nous en apprendront beaucoup ces prochains jours, ce soir la Fed devrait maintenir ses taux inchangés, le discours de son patron sera attentivement écouté. Au Japon le marché obligataire marque une pause, tout comme son alter ego américain, tandis que l’administration américaine lâche proprement sa monnaie, ce qui profite en premier lieu aux matières premières et fait rosir les exportateurs Etats-Uniens de plaisir, allez on s’y colle, que se passe-t-il donc sur le dollar?

Tout part de Donald Trump qui déclare hier qu’il ne pense pas que le greenback a excessivement baissé et qu’il est «en pleine forme». Il n’en faut pas plus pour envoyer le seigneur vert au tapis, le résultat n’est pas beau à voir, ce matin la paire EUR/USD cote 1,2000, elle vient de casser une importante résistance à 1,1970, qui pourrait accélérer le délitement de la principale monnaie au monde, qui a démarré le 2 avril 2025 alors que Donald Trump présentait ses tarifs douaniers au monde. C’est alors que la tendance haussière du dollar contre l’euro a été brutalement cassée, ce matin sa tendance désormais baissière contre la monnaie unique européenne est nettement renforcée avec des «dommages collatéraux» sur le franc suisse, qui décolle à 0,7653 contre la monnaie américaine, il ne lui reste guère plus que le bas en séance du funeste 15 janvier 2015 à 0,7406, ensuite on regardera 0,7071, le bas en séance du 9 août 2011 et moi j’irai vivre à New York. Même contre l’euro le CHF se renforce singulièrement, ce matin il cote 0,9183 punaise…

Un dollar faible est bon pour les exportateurs des Etats-Unis et aussi pour les matières premières, qui cotent dans cette monnaie et deviennent de ce fait plus attractives. En revanche le côté obscur de ce phénomène est qu’il rend les importations plus chères et provoque potentiellement de l’inflation importée. Suivez mon regard en direction de la Fed, qui devra immanquablement en tenir compte. Gardons aussi en tête que le monde se méfie désormais du «partenaire» économique Etats-Unis, cela aussi plaide en défaveur du greenback. Enfin les mouvements de ces dernières heures impactent aussi la BCE, Martin Kocher, gouverneur de la banque d’Autriche, indique au FT que la Banque Centrale Européenne devra envisager une nouvelle baisse de taux si l’euro poursuit sa marche en avant.

L’or profite en plein de la glissade de sa monnaie de référence, ce matin l’once est littéralement propulsée à 5286 dollars, rien ou presque ne semble capable de freiner la progression de la relique barbare. L’argent suit le mouvement avec un chouia de retenue, l’once cote 114,00, rappelons qu’elle est massivement surachetée, la spéculation semble nettement plus importante sur le métal blanc que sur le métal jaune.

On se penche sur la macro de ce mardi: la confiance des consommateurs en janvier chute fortement à son plus bas niveau depuis mai 2014, avec un recul à la fois de l’indice de la situation actuelle et de celui des anticipations; l’écart lié au marché du travail se détériore et atteint son niveau le plus étroit depuis mars 2021. L’indice de la Fed de Richmond pour janvier déçoit également, l’indice de l’emploi se dégradant, les prix payés progressant légèrement tandis que les prix reçus reculent. Les créations d’emplois privées mesurées par l’ADP affichent une moyenne hebdomadaire de 7750 sur les quatre dernières semaines, le rythme le plus lent depuis fin novembre. Côté marchés, l’adjudication par le Trésor américain de 70 milliards de dollars d’obligations à 5 ans est moins bien accueillie, avec un rendement supérieur de 0,3 point de base au marché secondaire, à l’inverse de la très bonne réception de l’émission à 2 ans de lundi, tandis qu’une adjudication de 44 milliards de dollars d’obligations à 7 ans est prévue demain. Par ailleurs, le président Trump prononce aujourd’hui un discours dans l’Iowa sur le coût de la vie. À venir, ce soir donc la décision du FOMC et la conférence de presse de Jerome Powell, demain les coûts unitaires du travail définitifs du troisième trimestre, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine se terminant le 24 janvier ainsi que la balance commerciale et les commandes industrielles de novembre, et enfin vendredi l’indice des prix à la production de décembre.

Au menu macro-économique de ce mercredi, la Banque du Canada (15h45) et la Réserve fédérale américaine (20h00) se prononcent sur leurs politiques monétaires respectives.

LVMH affiche des résultats en baisse après une année agitée. Le titre reculait de 1,6% sur sa ligne de cotation aux USA après la publication. ASML prévoit pour 2026 un chiffre d'affaires net compris entre 34 et 39 milliards d'euros et une marge brute comprise entre 51 et 53%. Le groupe lance un programme de rachat d'actions. Logitech fait mieux que prévu sur le T3 de son exercice 2025/2026. Lonza relève son dividende après un solide exercice 2025. La coentreprise entre Leonardo et Rheinmetall commence à livrer des véhicules à l'armée italienne. Texas Instruments prend 8% hors séance après ses trimestriels. United Parcel Service va supprimer jusqu'à 30'000 postes et fermer des sites. La Chine approuve la première livraison de puces IA H200 de Nvidia pour l'importation, selon Reuters. Google annonce le lancement d'AI Plus dans 35 nouveaux pays et territoires, dont les USA. SpaceX cherche à lever jusqu'à 50 milliards de dollars sur la base d'une valorisation d'environ 1500 milliards de dollars lors d'une IPO en juin, selon le FT. Softbank en pourparlers pour investir jusqu'à 30 milliards de dollars supplémentaires dans OpenAI, selon le WSJ. Le promoteur chinois China Vanke a obtenu un répit après que deux créanciers ont accepté le report d'un an de leurs remboursements.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent dans le vert. Tokyo grappille 0,05% à la cloche, Hong Kong gagne 2,58%, Shanghai progresse de 0,27%, Séoul monte de 1,69% et le Nifty50 prend 0,23%. Le future SPX gagne 0,34%, le future NDX fait la fête à ASML et avance de 0,9%, pendant que l’Europe est inchangée dans les premiers échanges.

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