Le pétrole trébuche jeudi après les propos de Donald Trump assurant que les «tueries» en Iran «ont pris fin», tandis que la Bourse de Tokyo reflue sur des prises de bénéfices et que le won sud-coréen bondit brièvement après des commentaires de Washington.
Le pétrole chute de 3%, Trump temporise sur l’Iran
Le marché pétrolier a chuté dès le début des échanges asiatiques.
Vers 06h30 GMT, le baril de WTI nord-américain lâchait 2,92% à 60,21 dollars, après avoir cédé plus de 3% en début d’échanges, et celui de Brent de la mer du Nord abandonnait 2,90% à 64,59 dollars.
Les cours de l’or noir avaient bondi ces derniers jours avec la montée de tensions en Iran, secoué par un vaste soulèvement populaire violemment réprimé, et les menaces de Washington contre Téhéran.
Mais le marché a brusquement décroché après des déclarations du président américain Donald Trump: «Nous avons été informés par des sources très importantes de l’autre côté, et elles ont dit que les tueries ont pris fin», a-t-il assuré, tout en entretenant le flou sur une éventuelle intervention.
«Les cours ont baissé suite aux propos de Trump affirmant que l’Iran s’abstiendrait de toute nouvelle répression meurtrière contre les manifestants, ce qui apaise les craintes d’un choc d’approvisionnement imminent sur les marchés de l’énergie», a commenté Kyle Rodda, analyste en Australie pour le courtier Capital.com.
Les investisseurs redoutaient que les menaces américaines contre l’Iran ne fasse dégénérer la situation régionale, au risque d’entraîner de graves perturbations dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20% du pétrole mondial.
Yo-yo du won après Bessent
En proie à une forte volatilité ces derniers mois, le won sud-coréen a bondi de plus de 1% dans la nuit de mercredi à jeudi, avant de repartir en baisse en début d’échanges asiatiques. Il cédait 0,45% à 1.471 wons pour un dollar vers 06H30 GMT.
La devise sud-coréenne se rapproche de son niveau le plus bas depuis 16 ans, à environ 1.480 wons, sous pression en raison de la forte demande en dollars des importateurs et des investisseurs misant sur les actions américaines.
Le sujet était d’ailleurs au coeur d’un entretien entre le ministre sud-coréen des Finances, Koo Yun-cheol, et le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, à Washington mercredi.
Or, dans une déclaration inhabituelle, M. Bessent a affirmé que la valorisation du won n’était «pas conforme aux solides fondamentaux économiques de la Corée» et que la volatilité sur le marché des changes était «indésirable», selon le département du Trésor.
Ces déclarations ont suffi à faire bondir provisoirement le won, avant que celui-ci ne finisse par rapidement retomber.
De son côté, la devise japonaise reprenait son souffle, se stabilisant (+0,08% à 158,58 yens pour un dollar) après avoir nettement chuté ces derniers jours sur la perspective d’élections anticipées au Japon, susceptibles de conforter les projets de relance économique à coups de dépenses publiques.
La Bourse de Tokyo reprend son souffle
Après ses niveaux record enregistrés mercredi, la Bourse de Tokyo a fait une pause, affectée par des prises de bénéfices.
L’indice vedette Nikkei a fini en repli de 0,42% à 54,110,50 points, tandis que l’indice élargi Topix résistait (+0,68% à 3.668,98 points).
La place tokyoïte avait été dopée mardi et mercredi par l’enthousiasme des investisseurs face à la perspective d’élections anticipées au Japon. Celles-ci pourraient renforcer la majorité de la Première ministre Sanae Takaichi et conforter ses projets de relance budgétaire.
«L’indice Nikkei ayant progressé de 3200 points en trois séances, on redoutait une surchauffe du marché», estiment les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.
«Le repli des valeurs technologiques américaines à Wall Street» contribue également à assombrir Tokyo en «pesant sur les titres japonais liés aux semi-conducteurs», ajoutent-ils.
Ailleurs en Asie, la Bourse de Séoul a résisté (+1,58%), tout comme Sydney (+0,47%). Taipei, en revanche, a cédé 0,42% et l’indice hongkongais Hang Seng lâchait 0,39% vers 06h30 GMT.
Or et argent à de nouveaux sommets
Les métaux précieux, qui volent de records en records depuis plusieurs jours, continuent d’étinceler à de nouveaux sommets, toujours dopés par l’incertitude internationale et les pressions de Donald Trump sur la Réserve fédérale américaine.
L’or s’est hissé à 4.642,98 dollars l’once, et l’argent à 93,75 dollars l’once.