Les Bourses asiatiques ont grimpé de concert mercredi, la place de Tokyo restant fortement dopée par la perspective de législatives anticipées au Japon, qui accentuait en revanche la pression sur le yen, tandis que l’argent dépassait 90 dollars l’once pour la première fois.
L’euphorie continue à Tokyo
Dans la capitale japonaise, l’indice Nikkei a clôturé en hausse de 1,47%, à 54.341,23 points, un nouveau niveau record, tandis que l’indice élargi Topix a gagné 1,26%, terminant à 3.644,16 points.
Après s’être déjà envolée la veille, la place tokyoïte a conforté ses gains, toujours enthousiasmée par les informations de presse selon lesquelles la Première ministre japonaise conservatrice Sanae Takaichi pourrait dissoudre la chambre basse du Parlement nippon d’ici fin janvier et convoquer des élections anticipées.
Le gouvernement Takaichi récolte quelque 70% d’opinions favorables d’après la presse locale, ce qui pourrait lui permettre de renforcer sa base parlementaire en cas de scrutin et faciliter l’adoption de ses mesures de relance économique à coups de soutiens budgétaires.
Un nouveau budget record est envisagé pour 2026, dans la foulée du récent plan de relance massif de 21.300 milliards de yens (117 milliards d’euros) qui avait nécessité l’adoption en décembre d’un budget supplémentaire pour l’exercice 2025.
Dans le reste de l’Asie, les performances étaient généralement positives, dans le sillage d’une séance morose à Wall Street. La Bourse de Séoul a progressé de 0,65% et Taipei de 0,76%.
Sydney a pris 0,14%.
Vers 06h40 GMT, l’indice hongkongais Hang Seng avançait de 0,42%, après l’annonce mercredi par la Chine d’un excédent commercial record en 2025 en raison d’un nouveau gonflement de ses exportations, en dépit de la guerre douanière avec les Etats-Unis.
Le yen et la dette nippone sous pression
La perspective d’élections anticipées donnant à Sanae Takaichi de plus larges marges de manoeuvre pour muscler ses mesures de soutien à l’économie japonaise contribuait à doper la Bourse... mais aussi à faire trébucher le yen.
Une hausse des dépenses publiques fait grimper le coût de la dette nationale, muscle les perspectives d’inflation et plombe la devise nippone, qui souffre aussi de la possible volonté de la Première ministre de s’opposer à des hausses des taux d’intérêt trop rapides au Japon.
Le yen est ainsi tombé mercredi face au dollar à son niveau le plus bas depuis juillet 2024, à 159,45 yens pour un dollar.
La perspective d’élections «accentue la tendance à la baisse du yen, déjà alimentée par une politique budgétaire et monétaire accommodante» et cette dépréciation «soulève la possibilité d’une intervention des autorités japonaises», a observé Kyle Rodda, analyste de Capital.com.
Reflet des inquiétudes sur l’endettement déjà colossal du Japon, les obligations souveraines nippones continuent de souffrir. Les rendements des obligations à échéance 30 ans ont ainsi encore gonflé jusqu’à 3,507%, un sommet inédit.
Les rendements des obligations à 10 ans sont eux au plus haut depuis 1998, à 2,181%.
Nouveaux records de l’argent et de l’or
Les incertitudes géopolitiques, avivées par la capture du président vénézuélien Maduro par les Etats-Unis, les menaces du président américain Donald Trump visant le Groenland et le soulèvement populaire en Iran, continuent de pousser les métaux précieux à des sommets inédits.
Le cours de l’argent a ainsi touché un nouveau niveau record à 91,55 dollars l’once, passant pour la toute première fois au-dessus de la barre symbolique des 90 dollars l’once.
L’or, de son côté, s’est hissé également à un sommet inédit, à 4639 dollars l’once.
Le pétrole reprend son souffle
Les cours du pétrole ont repris leur souffle après un sursaut de quelque 2,5% mardi, dans le sillage de l’annonce de nouveaux droits de douane américains contre tout pays commerçant avec l’Iran, théâtre d’importantes manifestations.
La Chine, premier importateur mondial de pétrole et principal partenaire commercial de l’Iran, est tout particulièrement visée.
Mercredi vers 06h40 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord reculait de 0,35%, à 65,24 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), perdait 0,44%, à 60,88 dollars.