Marchés en Asie: Tokyo dopée par la perspective d’élections au Japon

AWP

2 minutes de lecture

A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a fini en hausse de 3,09%, à 53.549,16 points, un sommet inédit en clôture, et l’indice élargi Topix a gagné 2,41%, clôturant à 3.598,89 points.

La Bourse de Tokyo a bondi de plus de 3% mardi, dopée par les spéculations sur des élections anticipées au Japon susceptibles de renforcer la Première ministre Sanae Takaichi et sa politique de relance, tandis que le pétrole grimpait face aux menaces de Washington envers les partenaires de l’Iran.

Tokyo s’envole, yen et dette nippone sous pression

A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a fini en hausse de 3,09%, à 53.549,16 points, un sommet inédit en clôture, et l’indice élargi Topix a gagné 2,41%, clôturant à 3.598,89 points.

La Bourse tokyoïte s’est envolée à l’issue d’un week-end prolongé durant lequel plusieurs médias nippons ont rapporté que la Première ministre envisageait une dissolution de la chambre basse du Parlement dès le 23 janvier, avec des élections lors des semaines suivantes.

Issue de l’aile conservatrice du Parti libéral-démocrate (PLD, droite), Mme Takaichi a été nommée en octobre, et sa coalition n’est actuellement que très légèrement majoritaire.

«Le PLD n’avait pas obtenu la majorité absolue pour la première fois en 15 ans lors des législatives de 2024, la question cruciale sera donc de savoir s’il parviendra à former un gouvernement stable (...) l’attention se portera sur sa politique budgétaire vantée comme +active et responsable+», ont expliqué les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

Or, le gouvernement Takaichi récolte 70% d’opinions favorables d’après la presse nippone, le plaçant en bonne condition pour renforcer sa base parlementaire en cas de scrutin et faciliter ses mesures de soutien à l’économie, dans la foulée de son récent plan de relance massif de 21.300 milliards de yens (117 milliards d’euros).

Au risque d’aiguiser les inquiétudes sur l’alourdissement d’une dette nationale déjà pharaonique et de peser sur la monnaie japonaise, qui lâchait 0,5% à 158,98 yens pour un dollar vers 06H30 GMT.

La ministre japonaise des Finances a déclaré mardi aux médias que son homologue américain Scott Bessent partageait les préoccupations de Tokyo sur l’affaiblissement du yen, ravivant les spéculations sur une possible intervention des autorités pour soutenir la devise.

Reflétant les craintes sur la dette, les rendements des obligations souveraines nippones à 30 ans ont bondi mardi à 3,49%, tutoyant leurs niveaux record, et ceux des obligations à 10 ans ont touché un sommet inédit depuis 1999, à quelque 2,15%.

Bourses d’Asie fermes, l’oeil sur la Fed

Le reste des Bourses asiatiques s’affiche en hausse, à l’image de Séoul (+1,47%), Taipei (+0,46%) ou Hong Kong (+0,67% vers 06h30 GMT).

La région reste portée par l’optimisme pour 2026, notamment sur la poursuite du boom des valeurs de la tech liées à l’intelligence artificielle, et semble épargnée par les inquiétudes autour de la banque centrale américaine (Fed).

Le président de la Fed, Jerome Powell, a annoncé dimanche que l’institution était visée par une procédure du ministère américain de la Justice.

Pour autant, Wall Street a atteint lundi de nouveaux records et «il se pourrait que, pour les marchés, l’impact soit négligeable par rapport au facteur déterminant que représente la forte croissance des bénéfices d’entreprises attendue», a noté Kyle Rodda, analyste en Australie pour Capital.com. La Bourse de Sydney avançait de 0,56%) vers 06H30 GMT.

Après avoir été porté à un nouveau record lundi par les menaces contre la Fed, l’or reprenait son souffle mardi, cédant 0,42% à 4.577 dollars l’once vers 06h30 GMT.

Le pétrole grimpe, l’Iran sur le radar

Face à la répression des manifestations iraniennes par Téhéran, le président américain Donald Trump a annoncé lundi que tout pays commerçant avec l’Iran serait frappé «avec effet immédiat» de droits de douane de 25% par les Etats-Unis, sans autres détails.

La Chine est le principal partenaire commercial de l’Iran.

L’information a contribué mardi à doper le marché pétrolier. Vers 06h30 GMT, le baril de WTI nord-américain gagnait 0,54% à 59,82 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,50% à 64,19 dollars.

L’effet pourrait être «une hausse à court terme des prix du pétrole, l’Iran représentant environ 3% de la production mondiale et le Venezuela environ 1%», mais «dans l’ensemble, le marché mondial reste largement excédentaire et les cours devraient continuer de baisser à terme en l’absence de chocs géopolitiques», a tempéré Michael Wan, analyste de la banque MUFG.

BYD solide, soulagé par l’UE

Le champion chinois de la voiture électrique BYD a bondi en séance de 4,5% à la Bourse de Hong Kong, après que l’UE a proposé lundi une alternative aux taxes antidumping imposées depuis octobre 2024 aux véhicules électriques fabriqués en Chine.

A lire aussi...