Matières premières: le platine au plus haut depuis 2008, l’aluminium monte et le café refroidit

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Le précieux métal également utilisé dans l’industrie a atteint jeudi un pic de 17 ans, à 1981,85 dollars l’once.

Le platine est monté cette semaine à un plus haut depuis plus de 17 ans, poussé par la demande chinoise et par la décision de l’UE de ne plus contraindre les constructeurs automobiles au tout-électrique à partir de 2035.

Le pic de ce métal précieux, également utilisé dans l’industrie, a été atteint jeudi, à 1981,85 dollars l’once, son plus haut niveau depuis juillet 2008.

«Cette hausse est soutenue par une forte demande chinoise», comme le démontre l’envolée du nouveau contrat à terme lancé fin novembre à la Bourse de Guangzhou, a expliqué Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.

Face à la crise du secteur automobile sur le Vieux Continent, l’Union européenne (UE) a par ailleurs autorisé mardi les constructeurs à continuer de vendre une part limitée de voitures neuves équipées de moteurs thermiques ou hybrides à compter de 2035, sous certaines conditions.

Cet assouplissement «tend à accroître la tension sur le marché» du platine, qui sert notamment à fabriquer des catalyseurs automobiles, ont précisé les analystes d’UBS Giovanni Staunovo et Wayne Gordon.

Face à l’envolée des prix, ces analystes prévoient «un retour aux catalyseurs en palladium pur pour les véhicules à essence». De quoi doper le cours de ce métal, qui s’est échangé jeudi à 1.715,84 dollars, un prix inédit depuis janvier 2023.

L’or n’a pour sa part que très légèrement progressé cette semaine. L’once du métal jaune s’échangeait à Londres à 4333,66 dollars vendredi vers 14H00 GMT (15H00 à Paris), contre 4299,63 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

L’argent a, lui, de nouveau franchi un sommet historique mercredi, à 66,8932 dollars l’once, dans un marché tendu.

L’aluminium brille

Le prix de l’aluminium a progressé cette semaine, atteignant son plus haut niveau depuis trois ans et demi, porté par une production chinoise stagnante et par l’extension de la taxe carbone au sein de l’UE.

En phase de test depuis 2023 et pleinement opérationnelle à partir de 2026, cette taxe vise à imposer aux importations un prix du carbone similaire à celui en vigueur en Europe.

Ce mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF ou CBAM en anglais), qui concernait jusqu’à présent de nombreuses matières premières dont l’aluminium, mais aussi des produits semi-finis, «sera désormais étendu aux produits transformés», a souligné Norman Liebke, analyste de Commerzbank.

«Cela accroît la pression sur les partenaires commerciaux de l’UE pour produire de manière plus respectueuse du climat», a-t-il noté.

Par ailleurs, en Chine, «la production d’aluminium a reculé à un peu moins de 3,8 millions de tonnes, légèrement en dessous du niveau du mois précédent», selon Volkmar Baur, analyste de Commerzbank, qui confirme une tendance à la stagnation du principal producteur d’aluminium au monde.

Il s’agit d’»un facteur clé de la hausse» des prix depuis le début de l’année, a-t-il estimé.

Sur le LME, une tonne de métal d’aluminium coûtait 2942 dollars vendredi, contre 2868,50 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

Le café plonge

Les cours du café ont baissé cette semaine, avec un climat favorable à la récolte au Brésil et des ventes importantes de café au Vietnam, respectivement premier et second producteurs de café dans le monde.

«Des conditions météorologiques de production idéales au Brésil alimentent les craintes de surabondance, d’autant plus que l’on s’attend à une offre plus élevée grâce à une production vietnamienne favorable», selon les analystes d’ADM Investors Services.

«Des rapports montrant une hausse des ventes de la récolte au Vietnam» suggèrent, en effet, que les prochaines récoltes de café seront bonnes et que les producteurs cherchent à vendre dès à présent, a relevé Jack Scoville, analyste de Price Futures Group.

Sur l’ICE Futures US de New York vendredi, la livre d’arabica pour livraison en mars valait 344,90 cents, contre 369,30 cents le précédent vendredi.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison le même mois s’échangeait à 3706 dollars, contre 3999 dollars à la clôture sept jours plus tôt.

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