La fin du prologue

Jacques-Aurélien Marcireau, Edmond de Rothschild Asset Management

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Après de franches hausses enregistrées sur tous les marchés en 2025, 2026 sera une année structurante pour les actions.

 

  • Malgré de nombreux obstacles, les marchés actions ont affiché de franches hausses en 2025 (presque) toutes géographies confondues.
  • Les Etats-Unis, l'Europe, et la Chine sont à des points de bascule stratégiques, chacun avec des enjeux pouvant affecter leurs perspectives économiques et présenter des opportunités (ou des risques) pour les investisseurs.
  • Plutôt que de prendre un risque difficile à contrôler, les investisseurs peuvent équipondérer leurs investissements et se concentrer sur des thématiques porteuses comme la santé et la résilience, qui offrent des opportunités de risk reward asymétrique.

L'année 2025 restera dans les annales comme une année incroyable au sens littérale. L’action anti-immigration de l’administration Trump, l’érection de barrières douanières sans précédent ou encore les progrès de Deepseek – «algorithme chinois» - n’ont pas eu les effets escomptés:

Ni inflation, ni récession, ni décélération des dépenses d’investissement en IA. Les marchés ont quant à eux surmonté les obstacles pour afficher de franches hausses, (presque) toutes géographies confondues. En parlant de géographie, 2026 promet d’être une année où de nouvelles tendances séculaires s'enclencheront, ce qui devrait permettre aux investisseurs de se positionner avec conviction pour la fin de la décennie.

En Europe, les effets du plan de relance allemand seront plus tangibles, tout comme la capacité du bloc à s’unir ou se disloquer face aux coups de boutoirs de la Chine et des Etats-Unis.

En effet, concernant les Etats-Unis, post mid-terms le rapport de force politique sera clarifié, l’impact des tarifs sera définitivement annualisé et quant à la thématique de l’IA, principale force motrice de la première puissance mondiale, elle aura donné suffisamment d’indications sur sa monétisation pour calibrer le niveau soutenable d’investissement de manière plus fine.

En Europe, les effets du plan de relance allemand seront plus tangibles, tout comme la capacité du bloc à s’unir ou se disloquer face aux coups de boutoirs de la Chine et des Etats-Unis. Les attentes restent faibles, mais si l’Europe gagne en vélocité et en capacité à défendre son espace économique et ses intérêts, alors elle sera une grande gagnante non seulement politiquement, mais boursièrement.

Récompense à la clé: un retour continu des flux d’investissement sur la zone, qui à bien des égards pourrait être une nouvelle Florence, que ce soit pour les chercheurs, les entrepreneurs ou les investisseurs. Quant à la Chine, les intentions vis-à-vis de Taiwan auront gagné en clarté fin 2026, tout comme sa façon d’être au monde: lancera-telle une stratégie d’isolement des Etats-Unis et de conciliation avec le reste du monde ou s’enfoncera-t-elle dans une confrontation (presque) seule contre tous. Une nouvelle fois, la destinée des marchés est entre les mains de son leader Xi Jinping, ce qui continue de conférer à la Chine un statut unique parmi les grandes zones d’investissement. Son risque est d’une nature idiosyncratique et politique, car du côté de la qualité de l’entrepreneuriat chinois et de ses champions technologiques, il n’y a plus de débat depuis longtemps sur la scène mondiale.

Les autres pays émergents, à l’exception peut-être de l’Inde qui dispose d’une dynamique unique et attractive, sont dans une fonction de réaction aux blocs évoqués précédemment. Pour ces trois grandes zones, le résultat sera binaire: un contrepied à l’un de ces tournants se traduira dans la zone concernée par une contreperformance significative et durable. Plutôt que de prendre un risque difficile à contrôler, cela peut donner envie d’équipondérer ses investissements.

Une autre solution peut simplement être de trouver une position d’attente pour 2026 et au-delà sur laquelle on pourrait bénéficier d’un risk reward asymétrique. C’est dans ce contexte que des approches thématiques ou de spécialité prennent tout leur sens. Nous restons convaincus de l’asymétrie sur le secteur de la santé, ou encore sur la thématique de la résilience au niveau global. La seule constante est que le changement et la préparation de l’avenir seront des sujets structurants et des thématiques porteuses.

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