En zone euro, la Banque centrale européenne a mis fin à son cycle de baisse des taux et maintient désormais une posture neutre. L’inflation converge vers 2 %, mais la croissance reste faible, pénalisée par la contraction industrielle et les tensions commerciales.
Aux États-Unis, la Réserve fédérale a amorcé en septembre un cycle d’assouplissement prudent, abaissant son taux directeur de 25 points de base et a annoncé mettre fin à la réduction de son bilan à partir de décembre. Cette décision reflète un marché du travail en perte de vitesse et une inflation qui, bien qu’en recul, demeure légèrement supérieure à la cible.
Sur le marché du crédit, malgré quelques épisodes de volatilité, les flux soutenus attirés par le portage ont été un facteur de soutien à la performance et ont permis de maintenir les primes de risque sur des niveaux historiques bas. En effet, le portage – supérieur à 5% sur le High Yield (HY) et 3% sur l’Investment Grade (IG) – a attiré d’importants flux entrants vers les fonds crédit européens.
Depuis janvier, les fonds Investment Grade et High-Yield ont collecté 43 milliards d’euro, ce qui a permis d’absorber un volume record d’émissions primaires. Depuis le début d’année, les investisseurs ont absorbé 742 milliards d’émissions primaires sur l’IG et 116 milliards sur le HY.
Les conditions d’émission restent très favorables: primes faibles voire négatives, carnets sursouscrits supérieurs à 3 fois, et une présence renforcée des deals multi-tranches comme Alphabet ou L’Oréal.
La résilience du crédit repose sur des fondamentaux solides et des facteurs techniques porteurs.
Dans ce contexte, nous privilégions autant les dettes financières, tant senior que subordonnées, que les émetteurs non-financiers, quelle que soit leur notation (IG ou HY). L’écart de spread entre dettes bancaires et corporates s’est resserré, tandis que les banques restent plus exposées aux risques souverains.
Le ralentissement saisonnier attendu sur le primaire en fin d’année, des résultats trimestriels globalement bons, un taux de défaut faible sur le segment High Yield et anticipé en baisse pour 2026, ainsi qu’une demande persistante pour le portage, sont autant de facteurs soutenant la performance des classes d’actifs IG et HY.
Nous restons prudents sur les risques d’un écartement des spreads de crédit compte tenu des niveaux historiquement bas.
Nous privilégions les obligations en euros, plus attractives selon nous en termes de valorisation, et offrant une meilleure couverture de change face au dollar.
En l’absence de chocs, le portage devrait néanmoins rester le principal moteur de performance.
Nous favorisons la qualité, les secteurs défensifs, et la partie médiane de la courbe.
Dans un environnement où les perspectives de croissance semblent bonnes et les facteurs techniques restent prédominants, nous restons constructifs sur le crédit, en particulier sur les segments bien sélectionnés.